Rédacteur

Secrétaire général de Nonfiction

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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"Refonder l'Université", l'unité des universitaires français
[mardi 19 mai 2009 - 09:00]

Vingt-neuf personnalités du monde universitaire lancent une pétition pour "refonder l'Université", texte publié dans Le Monde (14.05.2009).

Dépassant la diversité des positions de chacun (pour ou contre la loi LRU, gauche ou droite, sciences de la nature et sciences sociales), les rédacteurs de l'appel veulent ouvrir le débat de la refonte du système universitaire français, à l'agonie, en posant avec clarté les grands axes et principes qui font consensus parmi l'ensemble de la communauté universitaire française.

 

- La place de l'Université française : Les auteurs insistent sur sa situation de concurrence déloyale vis-à-vis des classes préparatoires, BTS, IUT et grandes écoles ; et sur l'absence d'une gestion globale de l'enseignement supérieur par le ministère de l'Éducation nationale, celle-ci étant éclatée entre diverses autorités ministérielles et administratives (par exemple, les ministères sectoriels pour les écoles professionnelles). Il s'agirait de donner au ministère de l'Éducation nationale la supervision de l'ensemble de l'enseignement supérieur.

- La double mission de l'Université de produire et de transmettre des savoirs légitimes et innovants, et de préparer et d'assurer l'avenir professionnel de ses étudiants. Pour cela, les auteurs de l'appel soulignent deux principes qui sous-tendent ces deux missions : "le souci primordial de la qualité et de la fiabilité des connaissances produites et transmises", et "la distinction nécessaire entre missions des universités et missions des universitaires". Si une université doit être administrée par un personnel administratif compétents et en nombre suffisant, il revient aux universitaires eux-mêmes d'en assurer le pilotage, de manière collégiale, comme cela est dans toutes les grandes universités des pays démocratiques.

- Le principe du libre accès à l'enseignement supérieur ne saurait être remis en cause. Néanmoins, les auteurs prônent l'instauration d'un véritable système propédeutique en Licence afin de remédier au taux d'échec élevé pour les premières années universitaires. Le principe du libre accès à l'enseignement supérieur implique, de même, une action contre la paupérisation des étudiants, action qui pourrait passer par l'allocation d'un capital minimum de départ pour tout étudiant. Enfin, la sélection devrait se faire à l'entrée du Master, et non pas en deuxième année du Master comme c'est actuellement le cas.

- L'autonomie des universités fait consensus, mais tout dépend de ce qu'on y met. Il ne faut pas confondre, selon les auteurs, entre autonomie de gestion (principalement locale) et autonomie scientifique (indissociable de garanties statutaires nationales). Les pouvoirs renforcés des présidents d'universités, notamment en matière de recrutement, ne doivent pas conduire à une recrudescence du clientélisme et du localisme. Pour cela, de véritables contre-pouvoirs au sein des universités doivent être instaurés. Enfin, l'autonomie des universités signifie également une autonomie financière, et non une raréfaction accrue de ses ressources budgétaires.

 

Après des semaines de mobilisation, les universitaires français, conscients que l'Université française se retrouve à la croisée des chemins, et que le champ des possibles est ouvert, pour le pire comme pour le meilleur, parviennent à travers cet appel a éclaircir et recentrer le débat sur ces grands axes essentiels qui doivent fonder l'Université de demain. Ce Manifeste "pourrait servir de point de départ à une véritable négociation, et non à des simulacre de concertation, et être à la base d'une auto-organisation d'États généraux de l'Université".

L'appel compte à ce jour plus de 3 000 signataires.

 

* Pour signer la pétition, cliquez ici.

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3 commentaires

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jf

25/05/09 11:11
Un manifeste obscur : c’est cet oxymore qui définirait le mieux ce texte : contrairement à ses promesses, il ne dessine aucun contour ; en revanche, il indique une direction : un simple retour en arrière. Aucune solution concrète et viable n’est suggérée, et la formulation, consensuelle et onctueuse, permet d’escamoter toutes les contradictions internes.

Ainsi, que faut-il entendre par l’appel au principe de collégialité, que semble n’avoir pour vocation, purement interne à l’institution, que de contrebalancer l’influence des Présidents d’universités ? Quelle forme lui donner, sinon celles des « commissions de spécialistes », d’avant la réforme ? Quelle place et quel pouvoir y auront les enseignants non titulaires, vacataires, contractuels, bref toute cette plèbe dont les mandarins exploitent la bonne volonté ? Nulle part il n’est question d’ouverture : il ne s’agit que de cadenasser l’institution, de la couvrir d’un manteau de vertu qui en dissimule le fonctionnement aux regards extérieurs. Dans ces conditions, quelle valeur peut avoir l’appel à une réforme du recrutement des enseignants pour le préserver du clientélisme, alors même qu’on revendique un principe de cooptation fermée , qui rend ce clientélisme inévitable ? C’est un vœu pieux, ou une promesse d’ivrogne.

Ce texte repose en réalité sur un présupposé, clairement exprimé à plusieurs reprises, selon lequel l ’université est le seul partenaire habilité et légitime de l’enseignement supérieur : les autres composantes sont dénigrées sans preuve aucune (à quelle médiocrité fait-on allusion ?) et taxées de concurrence déloyale . Qu’un certain nombre de professeurs de CPGE soient docteurs, qualifiés et publient, tout comme eux-mêmes, voilà qui n’entre pas dans leur analyse ; c’est pourtant une réalité qui justifierait que l’on propose aussi à ces profs de CPGE des congés, des stages ou des détachements au CNRS. Mais non : ces facilités doivent être réservées aux gens de leur sérail universitaire, et sous leur seul contrôle. Là encore, il s’agit de la consolidation d’un acquis, et non d’une réforme.

Ce texte se donne donc pour ce qu’il n’est pas : un appel au dialogue. Quel échange peut-on avoir en effet avec une institution qui se présente comme le seul principe pensant du supérieur ? Particulièrement inquiétant apparaît alors le projet d’une vaste propédeutique, à laquelle une mystérieuse hybridation apporterait l’esprit de recherche et l’encadrement pédagogique. Le fait que cet « esprit de recherche » soit constamment revendiqué comme le principe noble par rapport à l’enseignement, et comme l’apanage exclusif des universitaires laisse entrevoir la véritable finalité de l’entreprise : prendre le contrôle de l’enseignement supérieur, et en refiler les besognes réputées subalternes, l’encadrement pédagogique, à des professeurs issus du secondaire. Bref, il faut parler de vassalisation et non de partenariat.

Mais pourquoi, dira t on, leur prêter tant de noirceur ? La réponse est dans le texte : pour instaurer une sélection, ce mot tabou qui déclencherait une émeute étudiante. Aussi veut-on garder les mains pures en réaffirmant le principe du libre accès de tous au supérieur, mais pas avec n’importe quel bac (c’est à dire n’importe quelle base) , sans paraître prendre garde à la contradiction. L’astuce, cousue de fil blanc, consiste à se faire tirer les marrons du feu et à faire opérer cette sélection honnie par les ex-profs de CPGE, qui en porteront seuls l’opprobre. Nos mandarins n’auront plus alors qu’à prendre en main les meilleurs éléments et à repérer parmi eux leurs futurs héritiers, au sens Bourdivin du terme.

Bref, ce manifeste est d’abord une définition narcissique du Mandarin-Soleil : la recherche, c’est Moi, la culture ,c’est Moi, la pensée, c’est Moi. Les autres pourront crever, s’il leur plait .

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KOULIO

21/05/09 23:32
La question est simple: que va-t-on faire de nos surdiplômés bardés de qualifications bradées????? L'économie française ne peut plus les absorber, elle en regorge, elle ne sait plus quoi en faire, c'est la crise du surdiplôme en France au point que la mode actuelle pour le recrutement est de rabaisser son niveau et de cacher ses diplômes sauf évidemment ceux élitistes... et oui, on a compris, la France ne valorise pas ce qui n'est pas élitiste donc OUT les diplômes de seconde zone...
Où va-t-on aller comme ça???? des surdiplômés stressés, démotivés, au bord du suicide pour certains...
Réellement, quelle tristesse, nous avons des maladies uniques au monde: le stress de l'effort non valorisé, il n'y a pas pire comme maladie... elle vous ronge jusqu'à la fin...
Si c'était à refaire, évidemment, on arrêterait les études au brevet, après il faut jouer sur les probabilités d'employabilité et sortant de la FAC même à BAC + 5 masterette ou doctorette +8 +10 accrochez-vous, la désillusion est immense au point d'être ravageuse...
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Un étudiant Pictave.

19/05/09 11:17
"Produire et transmettre des savoirs légitimes"

La crise est plus profonde que l'on pensait...

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