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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.
Pour tout cinéphile, ce livre fera figure d’ovni dans la pléthore des ouvrages consacrés au cinéma. Il ne traite pas du style de tel réalisateur ou de la filmographie de tel acteur, mais des souvenirs d'un homme qui, dans sa situation de délégué général du Festival de Cannes, a joué un rôle important dans l’évolution du cinéma mondial. Structuré de façon très agréable, en 74 petits chapitres, cette autobiographie non chronologique rappelle le Je me souviens... de Georges Perec. Le futile y côtoie l'essentiel, et l'intime se découvre au détour de propos qui peuvent parfois relever davantage de l'anecdote.
Un récit marqué par l'authenticité
Le livre évoque d'emblée d’autres autobiographies, comme Un Secret de Philippe Grimbert (Grasset, 2004) ou encore L'enfant de Noé d'Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel, 2004). Il raconte la vie d'un homme marqué par son enfance passée sous l'Occupation, contraint de cacher une judaïté qui, sans les persécutions, n'aurait pas pris une telle importance. Gilles Jacob vient d'une famille de Juifs assimilés ayant occupé des fonctions importantes dans la société française. Par ailleurs, la sincérité de sa démarche l'amène à reconnaître que son brillant parcours n’a pas été exempt de coups de pouce, donnés par quelques importantes relations (par exemple pour bénéficier d'une place tranquille pendant le service militaire). Lui-même n'a jamais rechigné à faire jouer ses relations, " bombardant " comme il l'écrit lui-même la fille de son cousin François (le prix Nobel de médecine), en qualité de secrétaire de Rosselini pour le colloque que celui-ci tenait à monter pendant le festival de 1977. Le procès de népotisme serait ici malvenu tant ces aspects du livre témoignent davantage de l'authenticité du récit et des anecdotes qui l’émaillent. Gilles Jacob confesse de même quelques traits de vanité (" J'étais Radiguet ", à propos du moment où il signe le contrat de publication de son premier roman, en 1969).
C'est à l'automne 1975 que Gilles Jacob entre dans l'histoire du Festival de Cannes . Maurice Bessy et Favre le Bret, respectivement délégué général et président du festival, lui proposent d'entrer à leur service, " à mi-temps pour six mois à l'essai non renouvelables " . Jacob y apprend rapidement l'art de la diplomatie... et des compromi(ssion)s. Lorsque de Bessy est lâché par Favre le Bret, il remarque avec un brin de cynisme : " Tant il est vrai qu'on protège ses collaborateurs pour autant qu'on ne soit pas menacé soi-même. ". D'autres observations, non moins lapidaires, concernent les professions qui gravitent autour du microcosme des festivals de films : " tout directeur de festival est un metteur en scène rentré " puis « Le critique est un directeur de festival rentré. " . Le décor est placé, ces aigreurs promettent de belles tragi-comédies et Jacob y a joué son rôle, défendant les uns, critiquant les autres. Ses affinités et ses amitiés sont sobrement présentées, souvent de façon touchante, notamment dans les pages consacrées au réalisateur Claude Berri, récemment disparu .
2 commentaires
MAO
un petit passage discret sur sa judéité qui n'a pris de l'importance que du fait de l'antisémitisme,qui m'a bien plu!
que de travail pour résumer un livre si hétéroclite,que je ne lirai pas ,mais suis ravie d'en connaître la teneur!
Merci!
Arnold Drohobyc