On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.


Il y avait là Jean-Pierre Vincent, Roger Planchon, Stéphane Braunschweig, Pierre Vial, Jack Ralite, Lucien Attoun, Alain Rimoux, Yves Ferry, Laurent Gaudé, Lassalle, Kokkos… Patrice Chéreau, absent, avait envoyé une contribution où il saluait le découvreur de Koltès. On retiendra surtout la juste formule de Jacques Lassalle : "Une si tenace probité, une si constante altitude". Le colloque a permis de retracer, rapidement, les deux vies de Gignoux. La première où, de 1957 à 1971, il resta aux commandes de l’un des plus grands centres dramatiques. La seconde où, ayant subitement renoncé, il passa le relais à Jean-Pierre Vincent et décida de vivre à l’écart. Pourquoi s’en alla-t-il, un jour, à 55 ans ? Cet être laconique donna peu d’explications. En tout cas, il préférait transmettre les rênes à un artiste de 30 ans, qu’il choisit et recommanda lui-même aux pouvoirs publics. Et il ne fut plus que comédien et essayiste. Il s’amusa à jouer Pétain, face à Maurice Garrel en De Gaulle dans Villa Luco de Jean-Marie Besset et tint un petit rôle, le vieillard égaré, dans Roberto Zucco de Koltès à la création, dans la mise en scène de Bruno Boeglin, ce qui lui permet de jouer les mots de l’auteur qu’il avait découvert et d’affronter avec toute l’équipe la contestation – celle des syndicats de police – qui entoura la pièce.
Acteur et défenseur forcené du service public, Gignoux aimait les formules théoriques à l’accent décisif. Comme celle-ci que rapporte Jack Ralite et où ce passionné du théâtre populaire se résume : "Le subterfuge de la culture informative qui aligne, rassure ou divertit rend docile, se substituant à la culture interrogative, source de prises de conscience, de doutes qui favorisent l’indocilité."![]()
1 commentaire
nerval