Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
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Paul Payan est maître de conférences d’histoire médiévale à l’université d’Avignon. Spécialiste d’histoire religieuse, nous lui devions déjà un « Saint Joseph » . Il vient donc d’avoir l’heureuse idée du présent livre, devenu bien nécessaire après le monument (4 volumes!…1896-1902), toujours irremplaçable et irremplacé, de Noël Valois, après, également, les travaux d’Edouard Perroy, d’Hélène Millet, d’Armand Jamme, quelques colloques importants , et quelques thèses récentes ou en cours d’achèvement .
Livre accessible cette fois, visiblement destiné aux étudiants et au grand public : pas de bibliographie monstrueuse, pas de débauche de notes infra-paginales et, en fin de volume, une chronologie et un index pour faciliter l’utilisation du livre. Au centre de l’ouvrage, une dizaine de reproductions, en couleur, de fresques, d’enluminures, dont certaines très connues (la Nativité des Très Riches Heures du Duc de Berry), et d’autres moins (les trois images peintes pour illustrer le De magno schismate d’Antonio Baldana). Un seul regret : l’auteur n’indique pas toujours la provenance des dites œuvres. Or, le lecteur aimerait sans doute pouvoir retrouver aisément le retable de la Crucifixion de Melchior Broederlan ou la Vierge de Miséricorde de Pietro de Montepulciano.
Livre d’histoire d’abord, d’histoire religieuse médiévale. Dès l’introduction, Paul Payan a raison de bien distinguer ce schisme de ses prédécesseurs. Ici, point d’origines dogmatiques comme ce fut le cas dans le passé avec l’arianisme, le donatisme, le pélagianisme, ou encore, au début du XIIe siècle, avec le schisme d’Anaclet. Le Grand Schisme, lui, manifeste une crise juridique et politique d’une longueur exceptionnelle (près de quarante ans) et d’une rare ampleur. Toute l’Europe chrétienne du Portugal à la Pologne, de l’Angleterre à la Sicile, est progressivement concernée. Les implications sont évidemment considérables, tant sur le gouvernement de l’Eglise romaine, sur la vie spirituelle du clergé et de millions de fidèles, que sur l’évolution politique de ces États modernes en train de naître (Angleterre, France, Empire, bientôt Espagne), sur les pouvoirs du pape, du concile, des souverains séculiers, sur les institutions qui en permettent l’exercice, et enfin sur certaines conceptions théologiques (christologie, Eucharistie, Immaculée Conception par exemple), sur la sainteté, la mystique, et les formes de dévotion.
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Pauline