La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
L’arraisonnement de la psychiatrie contemporaine.
[vendredi 08 mai 2009 - 07:00]
Psychiatrie
Couverture ouvrage
La dérive idéologique de la psychiatrie, quand le président Sarkozy se prend pour un psy, c'est la France qui devient folle
Éditeur : Erès
219 pages / 19 € sur
Résumé : Psychiatre et militant d’Attac, Olivier Labouret dénonce avec force les pratiques d’une psychiatrie qui rompt avec sa vocation humaniste pour entériner l’idéologie dominante de l’économie capitaliste, au détriment de la santé mentale des sujets.
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Cette première critique en engendre logiquement une deuxième : cette psychiatrie s’appuie en effet sur des postulats scientistes pour rendre plausible la médicalisation des ratés de la conduite. Comportementalisme et neuro-sciences,  courants cognitivistes enfin, envahissent la psychiatrie française, les institutions universitaires, et déclarent une guerre ouverte ou masquée à une psychiatrie humaniste - malmenée par le système capitaliste néo-libéral - voire à la psychanalyse (à laquelle Olivier Labouret, en l’occurrence, ne reconnaît pas forcément un pouvoir de transformation de la réalité individuelle et sociale …). En bref, la psychiatrie comportementalo-cognitiviste prétend agir sur les contenus de pensée, à travers des techniques qui mécanisent pragmatiquement  et "rééduquent" toujours plus l’individu désorienté par son existence. Dans ce contexte, de nouveaux concepts surgissent (vulnérabilité), susceptibles d’assigner définitivement à résidence (…) des individus qui pourraient pourtant constituer, selon l’expression d’Emile Durkheim, une pépinière de névropathes plus intelligents et créatifs que la moyenne. Du trouble du comportement individuel, la psychiatrie normalisatrice passe facilement et volontiers au diagnostic du trouble collectif,  réputé troubler, précisément, l’ordre social ; idéologie sous-jacente à une certaine psychiatrie, ainsi, et qui milite en faveur de conceptions eugénistes, hygiénistes (qui ne sont pas sans rappeler certaines époques historiques).  Participent de cette déshumanisation les procédures d’évaluation psychiatriques (le DMS sous toutes ses versions), privant le patient de ce qui fait sens dans son existence, sens que la psychanalyse existentielle de Binswanger  revendiquait hautement.

Le troisième constat (explicatif) discuté par Olivier Labouret pointe  le motif sur-déterminant, au fond, de cette psychiatrisation abusive. C’est en effet la santé mentale tout entière qui subit la marchandisation du système néo-libéral. La volonté de normalisation prend sa source, fondamentalement, dans les injonctions implicites sinon explicites d’une idéologie managériale, solidaire des critères de rentabilité propres à la société capitaliste et l’économisme semble par là même avoir le dernier mot. La pression gestionnaire retentit sur le monde du travail, sur les soignants, exposés à leur tour à la "normopathie" de masse et à la recherche de l’efficience. Destruction de soi et destruction de la protection sociale apparaissent, in fine, comme les résultats prévisibles d’une politique qui tend à fragiliser l’ensemble des individus pour mieux les asservir.

Patricia DESROCHES
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Titre du livre : La dérive idéologique de la psychiatrie, quand le président Sarkozy se prend pour un psy, c'est la France qui devient folle
Auteur : Olivier Labouret
Éditeur : Erès
Date de publication : 30/11/99
N° ISBN : 2749210143
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2 commentaires

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Totoche

10/06/09 17:17
Comme le démontre ce petit article, qui vaut le détour, et le merveilleux petit test proposé pour "déceler" les "malades" : des psychologues et des psychiatres à la botte.



Trouble de personnalité limite (borderline): anomalie cérébrale identifiée
PsychoMédia - Publié le 10 août 2008


Un jeu sur ordinateur impliquant la confiance dans les relations pourrait servir de test pour diagnostiquer le trouble de personnalité limite (TPL) ou borderline selon des chercheurs. Dans ce jeu, les personnes atteintes du TPL présentaient des réactions distinctes et une activité du cerveau différente, ce qui fournit un nouvel éclairage sur la neurobiologie de ce trouble, considèrent les chercheurs.





Read Montague du Baylor College of Medicine (Houston), coauteur, espère que cette recherche contribuera à déstigmatiser la maladie en montrant qu'elle a une origine biologique. La maladie n'est pas considérée traditionnellement comme reliée à des problèmes organiques du cerveau, précise-t-il.

Le TPL se caractérise par un certain nombre de difficultés sociales, incluant la difficulté de contrôle de l'humeur, l'impulsivité et les difficultés de relation avec les autres.

55 personnes ayant le TPL étaient comparées à 55 personnes sans TPL dans ce jeu de confiance. Un joueur, qui tient le rôle d'un investisseur, donne une somme d'argent à un deuxième joueur, qui tient le rôle d'un banquier ou fiduciaire, pour qu'il place l'argent et le fasse fructifier. Le banquier doit décider combien il retourne à l'investisseur.

Optimalement, dans ce jeu, le banquier a un intérêt à donner une juste part à l'investisseur afin qu'il continue à investir. Si, pour une raison quelconque, le banquier déroge de ce fonctionnement, il a habituellement tendance à réparer la brèche en donnant davantage afin d'encourager des investissements plus grands.

Alors que les participants sans le trouble de personnalité fonctionnaient de cette façon, ceux atteints de TPL étaient plus susceptibles de briser la confiance et de ne pas prendre de mesure pour la ramener.

"Quand les personnes ayant le TPL jouent à ce jeu, la coopération se brise et elles ne la rétablissent pas", dit Montague. "D'une certaine façon, elles ne perçoivent pas les bons signaux", dit-il.

Des images du cerveau pendant le jeu montraient qu'une certaine région, l'insula était activée différemment chez les deux groupes de participants. Contrairement à ce qui se passait chez les personnes n'ayant pas le TPL, l'insula était activée de façon similaire chez celles atteintes de TPL qu'elles soient traitées avec équité ou pas, ce qui amène les chercheurs à conclure qu'elles ne saisissaient pas les indices sociaux de la même façon que les autres. Elles voyaient probablement tous les gestes comme menaçants et injustes", avance le chercheur qui espère que la recherche conduira à des progrès pour le diagnostic et le traitement de la maladie.

Jusqu'à un patient sur cinq interné en psychiatrie serait atteint de TPL, précise l'article. Il n'y a actuellement pas de médicament et de traitement spécifique pour ce trouble et la maladie est souvent diagnostiquée à tort comme un trouble bipolaire ou une dépression majeure précise Dr. Donald Black de l'Université de l'Iowa, commentant la recherche pour ABC News.

La recherche est publiée dans le magazine Science.

PsychoMédia avec sources:
Baylor College of medicine, communiqué
ABC News

Voyez également:
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Anouchka

16/05/09 22:34
C'est un débat extrêmement intéressant car derrière toute politique, il y a une vision de l'homme. Ici on confond tous les plans, les comportements qui sont considérés comme des symptômes, alors qu'ils ne sont que l'expression de la révolte.

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