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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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L’âge des générations ? "Les jeunes, c'est plus ce que c'était"
[mercredi 06 mai 2009 - 10:00]
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Qu’est-ce qu’une génération, et qu'est-ce que penser la société au prisme des générations ?

Le terme de génération signifie jusqu'au XIXe siècle principalement l’engendrement. Par la suite, il désigne une classe d’âge unie par une expérience commune. Gérard de Nerval évoque par exemple dans ses Promenades et souvenirs une génération déboussolée, liée par une même expérience de la gloire et du désastre de l’Empire. Après la Révolution, le romantisme transforme le terme pour en faire le marqueur d’une nouveauté possible (littéraire et politique), idée peu présente dans la société d'Ancien Régime. L'évolution de la notion au cours des deux siècles suivants est marquée par une utilisation du terme par la pensée de droite. Une certaine rhétorique conservatrice a pris en charge plus récemment la notion pour masquer les réelles inégalités sociales. Aujourd'hui, qu'en est-il de l'usage du terme de génération, et quelle est l'expérience commune qui réunit la classe d'âge de ceux qu'on appelle "les jeunes"?

Différentes ressources du débat se concentrent ces temps-ci sur l’idée de génération. La revue Vacarme consacre sa livraison printanière à la question d’une "politique des générations". France culture aborde dans une de ses émissions l’idée de "fracture générationnelle" . Canal + propose, dans le cadre d'une série documentaire dédiée aux âges de la vie, "20 ans, le monde et nous", qui dresse le portrait de la plus jeune génération.

Le documentaire offre une perspective complémentaire aux deux débats théoriques. Derrière la question de la génération se profile celle de la caractérisation de la jeunesse d'aujourd'hui, abordée de façon frontale dans le film de Cyril Mennegun. Le réalisateur donne à entendre les voix de neuf filles et neuf garçons âgés de 20 à 28 ans, issus de divers milieux sociaux et de différentes villes. Filmés en gros plans, leurs visages et leurs propos expriment notamment leurs inquiétudes face à l'avenir, la précarité à laquelle ils se sentent confrontés.

Dans un exercice autoréflexif (plusieurs jeunes posent la question "qu'est-ce qu'un jeune" en tentant d'y répondre, ou affirment : "notre génération, c'est..."), ils révèlent un air du temps relatif à cette tranche d'âge.  Cette génération vit des d'expériences communes, bien que sur un mode différencié : les "émeutes" de 2005 en banlieue, le blocage du CPE, le mouvement des "700euroistes" en Grèce... La difficulté à trouver sa place dans le monde du travail se révèle être un symptôme de mutations "anthropologiques" parfois douloureuses, selon le terme de Jean-Pierre Le Goff (auteur de l'article "Le fil rompu des générations" paru dans la revue Études en février 2009). Les transformations sociales infuencent profondément les parcours de vie et la construction des identités. Le travail, comme l'accès au logement, n'est plus comme pour les générations précédantes ce qui structurait la formation de l'individu.

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3 commentaires

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"Jeune" le même

07/05/09 15:15
La colère... Brûler des voitures, des bibliothèques... vous trouvez cela positif ? Le CPE est par contre un bon exemple, c'était une mobilisation plutôt constructive qui a aboutit, et qui en plus n'a pas fait perdre une année universitaire à des étudiants qui ont pu non seulement gagner dans leur manifestation mais également valider leurs diplômes. Tout l'inverse de la situation actuelle en somme !
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Camille Renard

07/05/09 14:47
Bonjour "jeune". L'article paru dans Vacarme de Manuel Demergue, qui lui-même se bat activement pour la reconnaissance de ses droits, tout comme plusieurs témoignages dans le documentaire "20 ans, le monde et nous", ou encore, comme la plupart des analyses de sociologues sur le sujet, mettent en évidence l'importance de la réaction des jeunes face à une certaine angoisse de l'avenir. Ces mouvements de colère, ces efforts pour "trouver sa place" recèlent une indéniable positivité. La prise de conscience des difficultés et l'expérience commune d'une transition heurtée vers l'âge adulte n'assignent pas à l'attitude "passive" d'une génération "sacrifiée". Au contraire.
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Un "jeune"

07/05/09 14:04
Bonjour, je fais partie de cette génération et à l'inverse de la "peur de la précarité" que vous dépeignez tristement, c'est plutôt l'envie de m'en sortir et de faire ma place qui me caractérise. Je crois que beaucoup de jeunes aujourd'hui sont dans cette logique active à l'inverse des discours dominants de génération passive ou déjà décrétée comme "sacrifiée".

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