La Grande Muette et son bagne
[mercredi 06 mai 2009 - 05:00]
Histoire
Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française
Dominique Kalifa
Éditeur : Perrin
Pistes et chantiers
Si Biribi a trouvé son historien, il reste à espérer que la porte ainsi ouverte ne se referme pas trop vite. Sans doute faut-il encore étudier l'autre Biribi, à peine évoqué dans l'ouvrage, que fut le système mis en place en Indochine. Le terrible bagne de Poulo Condor, ouvert en 1863, en est le signe le plus connu. Il resterait encore à parler des compagnies disciplinaires et des sections spéciales pendant la guerre d'Indochine, dont les insignes officiels portaient les devises « Inch'Allah », « Dura Lex » ou « Mea culpa ». A l'identique, la Légion Etrangère du premier XXe siècle a été le lieu de certaines relégations que Biribi ne prenait pas en charge : dans les années 30, les républicains espagnols, les juifs et les communistes allemands. L'ouvrage de Pierre Sergent sur le 5e régiment étranger ouvre sur ce point des perspectives édifiantes
. Mais le style épique et nostalgique propre à cet auteur laisse le champ libre au travail de l'historien. A partir de 1945, les collaborateurs et les Français ayant servi sous l'uniforme allemand rejoignent la Légion avec un régime statutaire adapté et sur la base d’un contrat laconique (« la corde ou la Légion »). Ces épisodes attendent un travail identique à celui de Dominique Kalifa, dont l’ouvrage, foisonnant d'informations, incite à la réflexion. On lui sait gré de ne pas avoir cédé à la mode du « livre noir » et d'avoir porté sur un sujet douloureux un regard mesuré et distancié
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ribouldingue
pat