Rédacteur

critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Accueillir Levinas
[jeudi 30 avril 2009 - 13:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Levinas et le contemporain. Préoccupations de l'heure
François-David Sebbah
Éditeur : Les Solitaires Intempestifs
224 pages / 14,25 € sur
Résumé : L'étrange actualité de Levinas.
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Le quatrième chapitre s’ouvre sur une interrogation   : "l’œuvre de Levinas peut-elle être lue comme l’injonction pour un Juif de faire retour à la tradition de ses pères, et pour un non-Juif de faire signifier son existence à partir de l’expérience du peuple juif", ou bien, "au contraire, l’œuvre de Lévinas fait-elle culminer l’entreprise grecque, comprise comme libération de tout particularisme" ? Alternative aporétique à laquelle l’ouvrage suggère de répondre en déterminant le texte levinassien, comme une "traduction tendue sur fond d’intraduisible", traduction pouvant affecter "le grec, l’exigence philosophique, et témoigner depuis les contraintes de l’exigence philosophique de ce qui l’excède"  . Les deux derniers chapitres interrogent pour leur compte la dimension technologique de notre horizon, et ce sous un double aspect : d’une part (chapitre cinq), en méditant sur la possibilité du clonage humain (le clone ou l’androïde peuvent-ils "faire visage" ?) ; d’autre part, en questionnant la forme de présence instaurée par les nouvelles technologies de la communication (l’autre, présent à distance, est-il dans la portée du même Infini qu’un autrui près de moi ?). Nous laissons au lecteur le soin de découvrir les analyses proposées par F.-D. Sebbah concernant ces deux thématiques.

Qu’est-ce que le présent ? Et pourra-t-on un jour apprendre à l’accueillir comme tel, c’est-à-dire comme l’étrangeté – ou l’altérité – même ? F.-D. Sebbah, lisant Levinas, répond ainsi : de l’"essence" du présent, et de ce qu’il nous faut en faire, "rien ne nous permet" de décider a priori, et il y aura toujours là "le risque d’une expérience ou d’une épreuve à laquelle il faudra se livrer sans condition"  . Reste donc à tenter d’habiter "notre" jour, ses rigueurs et ses ombres – et sa clarté sans condition.

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