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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

Comme le romancier – pour des raisons certes fort différentes – l’historien connaît «la fin de l’histoire». Si son rôle est d’interpréter le passé et d’élaborer des «faits» qui soient vraisemblables, il n’en reste pas moins limité dans ses capacités imaginatives, à la fois par la documentation dont il dispose, mais aussi par le poids (souvent oppressant) de la causalité historique. Aussi n’échappe-t-il que difficilement aux «biais rétrospectifs» et commet-il, parfois sans le savoir, cet affreux péché de «téléologie», qui consiste à comprendre des événements passés à l’aune de leur issue supposée. Cette fâcheuse tendance, F. d’Almeida et A. Rowley ont fait le pari de la pourfendre par un essai d’histoire «contre-factuelle».
Qu’est-ce que l’histoire contre-factuelle ?
L’idée, si elle n’est pas neuve, reste bonne. Comme dans les jeux enfantins («on dirait que toi tu es X, et moi Y»), on essaie de faire «comme si», afin de modifier, par la pensée, le cours de l’histoire. En procédant ainsi, on veut surtout mesurer, en creux, l’importance de tel ou tel facteur, tel ou tel événement, tel ou tel acteur historique. En en modifiant la teneur ou la destinée, on espère mieux se rendre compte de sa dimension historique réelle. L’histoire «contre-factuelle» se donne ainsi une mission épistémologique de taille : réévaluer les causes que l’on donne communément d’un fait, ainsi que ses effets, en feignant qu’il n’ait pas eu lieu. Par exemple, imaginons que Luther ait été protégé par l’électeur de Saxe, Frédéric le Sage, puis promu cardinal. Sa doctrine («sola fide») eût peut-être pu se diffuser largement, et qui sait ce qu’il serait advenu de l’Église, de l’Europe politique, et des conflits religieux ? A partir de ce genre de postulats, F. d’Almeida et A. Rowley échafaudent quelques plausibles hypothèses, et font le récit de ce qui aurait pu advenir si les choses ne s’étaient pas passées comme elles se sont passées.
Comme le lecteur l’apprendra (à la toute fin du livre), cette entreprise formelle de mensonge volontaire, aux atours épistémologiques si séduisants, a vu le jour au début des années 1960, sous la houlette des économistes Robert Fogel et Stanley Engerman , même si l'on compte quelques antécédents fameux au siècle précédent (le philosophe Charles Renouvier est l'inventeur du mot "uchronie" ; quant au Premier Ministre de la reine Victoria, Benjamin Disraeli, il fut aussi l'auteur d'une utopie géopolitique). Cette première vague d’histoire économique contre-factuelle n’a connu en France quasiment aucun succès, ce qui n’étonnera guère au vu de la méfiance hexagonale à l’égard des modélisations hard et anti-historiques, au vu également des réticences de la corporation vis-à-vis de la pop history. Plus récemment, les Américains, eux, n'ont pas hésité à récidiver, avec trois ouvrages collectifs d’histoire contemporaine dirigés par R. Cowley, donnant ses lettres de noblesse à la «what if history», dont F. d’Almeida et A. Rowley disent s’être fortement inspirés. Et pour cause : la moitié de leurs chapitres, parfois même leurs hypothèses, reprennent les articles parus dans les deux premiers opus made in US... .
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Hohrod