Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Il avait promis d’être le président du plein emploi, du pouvoir d’achat et du retour en force de la valeur travail. Beaucoup savent aujourd'hui que ça ne marche pas. La faute à la crise bien sûr ! Pas si sûr. Pour P.Cahuc et A.Zylberberg, les dix-huit premiers mois du mandat présidentiel auraient pu être l’occasion de tenir les promesses électorales, en préparant le terrain pour des jours meilleurs par une remise à plat du modèle social français, qu’ils accusent de tous les maux.
Or quel bilan du réformisme de l’omni-président ? En apparence, il a suivi à la lettre son programme, en promulguant en quelques mois moult lois touchant – dans leur intitulé au moins – aux fondamentaux de notre système social soi-disant sclérosé (régimes spéciaux de retraite, contrat de travail, heures supplémentaires, représentativité syndicale). Mais qu’y a-t-il vraiment derrière l’effet d’annonce ? Dans leur essai, les auteurs décortiquent en économistes – mais aussi en polémistes – ces soi-disant réformes sans laisser aucun suspense sur l’analyse qu’ils en font : les réformes du Président Sarkozy sont bel et bien ratées.
Des "réformettes" aux résultats désastreux
Les six chapitres de l’essai se déroulent comme un mauvais film : nos auteurs y croient, espèrent, et assistent impuissants à la dénaturation progressive des réformes projetées, vidées un peu plus de leur substance à chaque étape du processus de négociation – qui, soit dit en passant, n’aurait pourtant dû porter aucun espoir pour des économistes qui déplorent chroniquement le faible niveau de confiance dans notre pays (pourtant indispensable à la réussite d’une négociation), coupable désigné du "retard" pris sur le train néo-libéral. Il est donc surprenant que nos auteurs y aient cru si fort…
Pour eux, le candidat Sarkozy avait fait les bons choix, en promettant de mettre à la sauce française ces méthodes venues du froid, promues par nos voisins anglo-saxons, et aux noms si mystérieux : flexicurité, activation, sécurité sociale professionnelle, etc., assortis de slogans soigneusement marketés, tel le désormais célèbre "Travailler plus pour gagner plus". Notons au passage que c’est du côté des publications antérieures de ces mêmes auteurs qu’il était allé puiser , on comprend donc les attentes suscitées par un tel programme du côté de nos économistes, convaincus de détenir la recette magique de la croissance par une dérégulation totale, en oubliant les équilibres politiques laborieusement construits, et les victimes désignées de ces réformes dont la voix est portée par les résistances syndicales. Quelques exemples en vrac illustrant leur déception :
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