Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
À grande crise, grands moyens ?
[lundi 20 avril 2009 - 11:00]
Economie
Couverture ouvrage
La grande crise du XXIe siècle. Une analyse marxiste
Isaac Joshua
Éditeur : La Découverte
136 pages / 9,50 € sur
Résumé : L'auteur voit dans la crise actuelle une crise classique de suraccumulation, que le capitalisme a de plus en plus de difficultés à surmonter.
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Sommes-nous dans une crise financière, une crise des débouchés ou une crise de suraccumulation ? L’auteur penche pour la dernière option. Sa démonstration n’emporte toutefois pas totalement la conviction, ni les mesures qu’il préconise.

L’instabilité du capitalisme et sa fuite en avant

L’auteur s’emploie dans le premier chapitre à montrer que le capitalisme est par nature instable lorsqu’il est livré à lui-même. Une instabilité d’autant plus forte que celui-ci occupe désormais tout l’espace social, avec la généralisation du salariat et la mondialisation de la production, et qui est encore accrue par la financiarisation de la consommation. Le deuxième chapitre décrit “la fuite en avant” des États-Unis contraints, une fois la régulation fordiste démantelée, “pour maintenir la demande lorsque la récession menace [de] pousser à toute force les dépenses des ménages vers le haut par la réduction de leur épargne et l’accroissement de leur endettement.” . Ce qui oblige parallèlement l’économie américaine à trouver à l’étranger les capitaux nécessaires à son financement, auprès des pays, la Chine en tête, auxquels elle offre à la fois d’importants débouchés et un moyen de placement de leur épargne (dollar oblige). Non sans risque que n’éclate tôt ou tard une crise de surendettement, qui affecterait en premier lieu le dollar. “La crise actuelle est celle de la nouvelle économie qui continue, car cette crise n’a pas été surmontée, mais seulement stockée dans les déséquilibres accumulés.” , explique l’auteur.

Les liens entre la finance et l’économie réelle

La suite nous met au cœur du sujet. “Un petit détour par Le Capital” et les deux circuits A-P-A’ et A-A’  que distingue Marx permet à l’auteur de préciser les liens complexes qu’entretiennent la finance et l’économie réelle. “A-A’ est centré sur l’argent, A-P-A’ sur la production et, le fond de l’affaire, c’est l’unité et la contradiction entre les deux formules. Il y a unité, car le capital n’est accumulé qu’en vue de son accroissement (A-A’), mais (à une échelle sociale) il ne peut obtenir cet accroissement qu’en produisant, c’est-à-dire en suivant le chemin A-P-A’. Il y a contradiction, car le capital tend en permanence vers A-A’ […] tout en étant constamment ramené vers A-P-A’” , explique l’auteur. En définitive, la finance et les crises financières en particulier dépendent de l’économie réelle. “Bien que le circuit financier (A-A’) tende en permanence à s’autonomiser par rapport au circuit de production, c’est quand même ce dernier qui, au bout du compte, dicte ses conditions.” . C’est parce que la régulation fordiste a été démantelée (pour cause de baisse des taux de profits), qu’“il a fallu mettre en place une nouvelle façon de réagir aux défaillances de la conjoncture (le “pilotage par les taux d’intérêt”) et inventer, dans la foulée, une nouvelle finance qui permette de répondre aux sollicitations de taux d’intérêt poussés au plancher.” . Ainsi balayée (probablement un peu rapidement) l’idée que la crise actuelle trouve son origine dans la finance, on peut s’attaquer à l’idée qu’il s’agit d’une crise des débouchés.

Titre du livre : La grande crise du XXIe siècle. Une analyse marxiste
Auteur : Isaac Joshua
Éditeur : La Découverte
Collection : Sur le vif
Date de publication : 09/03/09
N° ISBN : 2707157478
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3 commentaires

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raymond.chermat@free.fr

25/04/09 19:48
Bon jour ! Que pensez-vous de mon commentaire ci-dessous ?

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Mardi 14 avril 2009
Les paradis fiscaux ?
Nulle crainte à avoir, ils existeront toujours, quelque part, sans contrôle.
Pourquoi ?
Parce que l'argent - personnifié - s'est attribué le pouvoir et la liberté absolus à travers le monde.

Ce n'est pas l'être humain qui possède l'argent, c'est l'argent qui possède l'être humain.

Emblavons le bon grain

Raymond Chermat

Blog faire : Raymond Chermat à GOOGLE
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Matthieu

22/04/09 17:55
Merci pour la critique.

Elle éclaire bien les tenants et aboutissants de l'auteur.

Et puis surtout, on apprend que le marxisme n'est pas mort et surtout que les solutions universitaires donnent des bases théoriques fondamentales à la construction d'un modèle économique plus solide, plus solidaire et finalement, plus humain.

La crise est-elle finie pour autant ? Les questions de liberté d'entreprendre et du mérite républicain ne semblent pas non plus, nous poser la question que personne ne veut se poser.

A savoir celle de la violence dans le cycle révolutionnaire, du mérite dans la réforme et de l'action républicaine et démocratique. Ni même qui est vraiment capable de le faire.
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Néné

20/04/09 16:33
Ce résumé donne l'envie de lire cet ouvrage.
L'idée qui inquiète est surtout celle qui consiste à dire que la crise est " stockée dans les déséquilibres accumulés " et non surmontée.
Elle n'est certes pas encore surmontée et les plans de relances montrent qu'on ne s'attaque pas au coeur du problème qui est le capitalisme lui-même.
Je vais le lire .
Merci

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