Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
Pour ceux qui s’étonnent de la programmation d’une telle exposition dans le musée « des arts premiers » la préface de son directeur, Stéphane Martin, dissipe tout doute sur la pertinence de cette proposition dans ce musée « où dialoguent les cultures ».
Les cultures et les disciplines pourrait-on même dire à la lecture de l’imposant volume (450 pages) qui croise, comme l’indique d’ailleurs la couverture, « l’art, le cinéma et la photographie, de Picasso à Basquiat » dans un sous titre quelque peu trompeur. En effet, il faut aller directement page 157 pour trouver le premier essai sur l’influence qu’eût le jazz sur les artistes… Quoiqu’il ne s’agisse pas –encore- de ceux placés en tête de gondole mais d’Arthur Dove, Stuart Davis et Piet Mondrian. Cet exemple illustre la curiosité qui préside à la construction de cet ouvrage inspectant chaque domaine de la culture populaire, des plus évidents aux plus étonnants pour prendre la mesure du poids que le Jazz aura eu sur leurs évolutions.
Organisé, comme l’exposition, de façon chronologique, l’ouvrage s’ouvre naturellement sur la naissance de cette musique et du mot qui la désigne, en 1913. Le départ du voyage est donc marqué par la fermeture des bordels de Storyville et l’exode vers Chicago ou New-York du personnel qui l’animait, propageant ainsi la musique jazz dans les Etats-Unis.
Alors que le phénomène s’amplifie aux Etats-Unis, le jazz en Europe reste cantonné aux cercles d’avant-garde fréquentés par une élite intellectuelle et lettrée. Vu de ce côté de l’Atlantique, le genre est exotique et participe au goût du moment qui culmine avec l’exposition coloniale. Si dans le courant des années 1920 La Revue Nègre et Joséphine Baker réveillent un Paris sonné par la guerre, ils demeurent grimés (par Paul Colin, Kees van Dongen et d’autres) en personnages simiesques aux poses trahissant leur état de sauvages débridés. Si les clichés primitivistes subsistent encore un peu en Europe, le jazz s’impose en Amérique comme une forme sophistiquée, bien que spontanée, d’un stade avancé de la civilisation occidentale. Ce que représente Aaron Douglas dans de savantes superpositions de scènes de savane et d’urbanisme moderne.
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quesner
Déçue