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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme
Bien que l’éditeur - qui soit dit au passage fournit un bel objet soigneusement composé - nous indique que le livre a été publié en 2004, il ne s’agit que d’une réédition, la première édition ayant paru en 1992.
L’impulsion première de l’ouvrage, que la traduction escamote, est donc quelque peu datée : elle provient des Crack wars (c’est le titre original) du début des années 90, où New York a été nettoyé de l’"épidémie" de crack, portant ainsi au cœur du pays, sur le mode de la guerre civile, les drugs wars reaganiennes. À partir de ce contexte, que le texte commente peu, Ronell se demande comment on peut prétendre lutter et légitimer une lutte sur un objet qui d’une part n’a jamais été réellement pensé, et qui d’autre part, semble impossible à mettre correctement à distance, tant l’addiction fait partie intégrante de notre ontologie comme de notre culture. Posée de cette manière, la question efface le temps qui nous sépare de la situation de ce livre et la rend d’une actualité toujours pertinente.
À l’indétermination supposée du sujet correspond la dissémination de l’approche. Différents styles se succèdent : de l’inévitable méditation déconstructionniste sur Heidegger à l’analyse textuelle brillantissime, en passant par l’aphorisme nietzschéen, l’auto(science)fiction, le roman policier, le rapport médical, la pièce de théâtre multimédia : De l’aveu même de son auteur, cette structure s’explique selon une volonté de simuler ou d’émuler les effets la drogue : "De même, le livre porte sur différents types de drogues : il y a des moments plus psychédéliques, les moments plus anesthésiées où il ralentit comme dans l’expérience de l’héroïne, et puis il y a les moments speedés." . Waow, trop cool, man.
Dans ce kaléidoscope, les rapports historiques de l’occident et des drogues, leur articulation à la culture, notamment littéraire, la spécificité de leur effet et leur impact sur cette articulation ou encore les rapports entre drogues et addiction, puis entre addiction et hallucination passent comme autant de flashes qui peuvent parfois laisser le lecteur sur sa faim. Si c’est en partie l’enjeu du livre que de contester justement qu’une telle histoire et la définition de tels rapports est limitée et trompeuse en regard de l’objet, on ne peut s’empêcher de penser en retour qu’à force de se diluer, la substance perd ici et là de sa puissance. Mais tout est si pensé dans ce livre qu’on ne doute pas que la frustration y soit incluse : cela après tout n’aurait rien que de logique dans un livre sur la dépendance.
Au principe d’Addict se trouve d’abord l’invalidation de la double extériorité supposée de la drogue. Au niveau culturel d’abord. Loin d’être un danger allogène, une intrusion du monde extérieur, et bien au-delà de l’ensemble au demeurant flou et mouvant qui constitue les substances dangereuses, c’est notre culture même qui est fondée indissociablement sur cette structure de l’addiction : de sorte que "tout peut devenir drogue". L’extériorité est ensuite contestée au niveau physique, dans la récusation du mythe d’un corps pur de toute accoutumance. La véritable intrusion physique n’est pas tant celle des drogues (puisqu’elles trouvent au sein même du corps leur correspondance chimique, sans parler bien sûr d’un principe de jouissance) que celle que jette le regard médical et politique sur des phénomènes qui par nature lui échappent.
Partant d’une citation de Nietzsche, écrivant que "les narcotiques étaient presque l’histoire de la culture, de notre soi-disant 'haute culture'", Ronnel en retravaille d’abord les enjeux de ce presque, sous forme aphoristique, rappelant non seulement le lien historique indissoluble entre les écrivains et les drogues, mais aussi, à travers des rapprochements audacieux, que la culture elle-même fonctionne comme une drogue (la citation comme "injection" stimulante ou apaisante, l’autonomie du littéraire comme l’autonomie libidinale de l’addicté).
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