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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Mandel, un martyr républicain
[vendredi 10 avril 2009 - 15:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Georges Mandel. L'homme qu'on attendait
Jean-Noël Jeanneney
Éditeur : Tallandier
187 pages / 9,50 € sur
Histoire
Couverture ouvrage
Qui a tué Georges Mandel ?
François Delpla
Éditeur : L'Archipel
427 pages / 20,90 € sur
Résumé : Le dossier de "Mandel le Grand" rouvert par deux livres aussi différents que possible.
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Un grand destin passa près de Mandel, le frôla, l’enlaça, puis lui échappa. Et l’esprit du lecteur de revenir à cette heure où le fanatisme de ceux qui se savaient vaincus exigea le sang du « Juif Mandel ». Les voitures des miliciens se garèrent devant la Santé, ce 7 juillet 1944. L’ancien ministre, comme l’écrit son compagnon d’infortune Léon Blum, devina ce qui l’attendait. Le piège se refermait, le sort se décidait. On rapproche alors en pensée Georges Mandel du Jérémie des Lamentations. Avec lui, l’ancien ministre pouvait se redire ces mots terribles : « L’Eternel a été pour moi comme un ours en embuscade, comme un lion aux aguets. Il m’a emporté loin du chemin pour me déchirer. Il m’a laissé dans l’abandon »  .


 

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36 commentaires

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François Delpla

22/05/09 10:47
Le débat a rebondi sur un forum de qualité, Passion-Histoire : http://www.passion-histoire.net/viewtopic.php?f=49&t=18160&p=269211#p269211

Un contributeur ayant jugé la critique de Valence "intéressante" au point de la reproduire intégralement, j'ai commis sur elle une réplique point par point, qu'on peut retrouver ici : http://www.delpla.org/article.php3?id_article=411
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François Delpla

18/05/09 18:16
POUR les lecteurs qui n’auront plus la patience de tout lire, et on les comprend, voici un

RESUME CHRONOLOGIQUE

• 7 juillet 1944 : Georges Mandel, saisi par les Allemands en zone sud en 1942, est ramené en France et livré en forêt de Fontainebleau à des tueurs membres de la Milice, sous le contrôle étroit du haut dirigeant SS Julius Schmidt.

• second semestre 1944 : se met en place la légende suivant laquelle Mandel a été « assassiné par la Milice pour venger Philippe Henriot », mollement démentie par les intéressés qui sont surtout soucieux de ne pas faire apparaître une commande allemande, qui pourrait aggraver leur cas.

• 1944-2008 : quiconque écrit sur le sujet, même les historiens les mieux formés, répercute cette explication.

• 3 septembre 2008 : parution du livre « Qui a tué Georges Mandel ? », première étude historique. Mettant en lumière l’absence totale de fondement documentaire de la version jusque là admise, et son grand illogisme (la Milice n’ayant rien à demander aux Allemands, ni à se mêler à leur place de haute politique française), il documente en revanche l’implication de Hitler et de Himmler, et esquisse une explication de leur gestion du prisonnier Mandel par Vichy interposé, puis directement.

• janvier 2009 : parution dans le mensuel de la FNDIRP d’une critique réactionnaire de Frank Schwab.

• avril 2009 : parution sur nonfiction.fr d’une critique réactionnaire de David Valence ; comportement décevant du critique dans la rubrique « commentaires », face aux remarques de l’auteur du livre.

• Mai 2009 : parution dans "Historiens et géographes" d’une critique favorable de Ralph Schor, qui conclut à un « faisceau de présomptions concordantes et convaincantes ».

Ce sera tout en ce qui me concerne, sauf réplique.
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François Delpla

16/05/09 14:12
Si je réponds en avalanche à Valence malgré les lacunes de son esprit de dialogue, et si je pousse l'obligeance jusqu'à répercuter ses proses, ce n'est certes pas pour donner en exemple sa déontologie morale ou intellectuelle, mais pour aider à mettre en lumière les enjeux du débat.

Les fanatiques de l'interprétation fonctionnaliste du Troisième Reich se font prendre, sur cette question de la mort de Mandel, en flagrant délit d'ignorance satisfaite. A force de me reprocher essentiellement d'être le premier à affirmer ce que j'affirme, ils semblent (c'est aussi le cas de Frank Schwab, de la FNDIRP, et de sa direction qui pour l'instant le couvre) tenir les bêlements des moutons de Panurge pour le critère essentiel de la vérité. A force de m'accuser de manquer de modestie, ils donnent l'impression que pour eux la qualité première de l'historien n'est pas la rigueur, mais bien la révérence envers les vérités sacrées et leurs officiants.

Cette impudente ignorance est également bien imprudente, car s'il y a au moins dans ce dossier une évidence, c'est la fausseté radicale de tout ce qui avait été écrit auparavant. Y compris, dût ma proverbiale vanité souffrir de cet aveu, par moi-même.
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François Delpla

15/05/09 10:45
"Quant à écrire, comme vous le faites partout, que vous êtes le seul biographe en français d'Hitler, pardonnez-moi de me réjouir que les traductions existent et que Ian Kershaw ait pu éclairer le lecteur français avec autrement de modestie et de bonne foi que vous..."

Je ne lis certes pas, quant à moi, les critiques négative ou positives de ce "Mandel" en diagonale, car je trouve que toutes autant qu'elles sont elles posent des questions passionnantes.

Cependant je dois avouer que la portée du passage ci-dessus m'avait jusqu'ici échappé et qu'une nouvelle lecture, faite à l'occasion de la transcription de notre débat sur mon site http://www.delpla.org/article.php3?id_article=409 , m'en a fait goûter tout le sel.

Ainsi, la qualité première de l'historien ne serait plus la justesse, mais la modestie !
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François Delpla

15/05/09 06:42
Winston Churchill disait un jour à ses chefs d'état-major, pour argumenter sa proposition d'achever le Reich par des attaques chimiques ou bactériologiques s'il se révélait par trop coriace :

"Je ne vois pas pourquoi nous devrions avoir toujours tous les handicaps du gentleman tandis qu’eux auraient tous les avantages du malfaiteur. Il y a des cas où il doit en être ainsi, mais pas dans celui-ci. "

cf. http://www.delpla.org/article.php3?id_article=48

Eh bien je vais en user ainsi avec David Valence.

Pour l'instant, il a cherché à discréditer mon travail uniquement à coups d'arguments d'autorité : il ne dit rien de mon livre, sinon qu'il est innovant, d'un air de dire que puisque je dis des choses différentes de mes devanciers c'est que je suis un insupportable vantard qui croit avoir touché la Lune alors qu'elle est juste au bout de son doigt.

L'une des affirmations qu'il répète en boucle est la rareté des critiques -au nom de laquelle je devrais le remercier de l'existence de la sienne, et tendre la joue gauche !- et leur caractère entièrement négatif.

Manque de chance : qu'il aille un peu ouvrir "Historiens et géographes" qui vient de paraître et lire ce que dit Ralph Schor, qui n'est pas absolument incompétent sur la période!

Le complot universitaire que, dans une impatience vaticinante, Valence prétend que je vais certainement invoquer, serait-il en train de tourner, non pas en ma faveur, mais en faveur de Clio et de son très dévoué serviteur ?

PS.- Qu'il soit bien entendu que je n'ai évoqué une critique favorable qu'à titre exceptionnel, pour des raisons de légitime défense, et que ce ne soit pas le prétexte d'un nouveau déferlement d'arguments d'autorité !
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