Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
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36 commentaires
François Delpla
Un contributeur ayant jugé la critique de Valence "intéressante" au point de la reproduire intégralement, j'ai commis sur elle une réplique point par point, qu'on peut retrouver ici : http://www.delpla.org/article.php3?id_article=411
François Delpla
RESUME CHRONOLOGIQUE
• 7 juillet 1944 : Georges Mandel, saisi par les Allemands en zone sud en 1942, est ramené en France et livré en forêt de Fontainebleau à des tueurs membres de la Milice, sous le contrôle étroit du haut dirigeant SS Julius Schmidt.
• second semestre 1944 : se met en place la légende suivant laquelle Mandel a été « assassiné par la Milice pour venger Philippe Henriot », mollement démentie par les intéressés qui sont surtout soucieux de ne pas faire apparaître une commande allemande, qui pourrait aggraver leur cas.
• 1944-2008 : quiconque écrit sur le sujet, même les historiens les mieux formés, répercute cette explication.
• 3 septembre 2008 : parution du livre « Qui a tué Georges Mandel ? », première étude historique. Mettant en lumière l’absence totale de fondement documentaire de la version jusque là admise, et son grand illogisme (la Milice n’ayant rien à demander aux Allemands, ni à se mêler à leur place de haute politique française), il documente en revanche l’implication de Hitler et de Himmler, et esquisse une explication de leur gestion du prisonnier Mandel par Vichy interposé, puis directement.
• janvier 2009 : parution dans le mensuel de la FNDIRP d’une critique réactionnaire de Frank Schwab.
• avril 2009 : parution sur nonfiction.fr d’une critique réactionnaire de David Valence ; comportement décevant du critique dans la rubrique « commentaires », face aux remarques de l’auteur du livre.
• Mai 2009 : parution dans "Historiens et géographes" d’une critique favorable de Ralph Schor, qui conclut à un « faisceau de présomptions concordantes et convaincantes ».
Ce sera tout en ce qui me concerne, sauf réplique.
François Delpla
Les fanatiques de l'interprétation fonctionnaliste du Troisième Reich se font prendre, sur cette question de la mort de Mandel, en flagrant délit d'ignorance satisfaite. A force de me reprocher essentiellement d'être le premier à affirmer ce que j'affirme, ils semblent (c'est aussi le cas de Frank Schwab, de la FNDIRP, et de sa direction qui pour l'instant le couvre) tenir les bêlements des moutons de Panurge pour le critère essentiel de la vérité. A force de m'accuser de manquer de modestie, ils donnent l'impression que pour eux la qualité première de l'historien n'est pas la rigueur, mais bien la révérence envers les vérités sacrées et leurs officiants.
Cette impudente ignorance est également bien imprudente, car s'il y a au moins dans ce dossier une évidence, c'est la fausseté radicale de tout ce qui avait été écrit auparavant. Y compris, dût ma proverbiale vanité souffrir de cet aveu, par moi-même.
François Delpla
Je ne lis certes pas, quant à moi, les critiques négative ou positives de ce "Mandel" en diagonale, car je trouve que toutes autant qu'elles sont elles posent des questions passionnantes.
Cependant je dois avouer que la portée du passage ci-dessus m'avait jusqu'ici échappé et qu'une nouvelle lecture, faite à l'occasion de la transcription de notre débat sur mon site http://www.delpla.org/article.php3?id_article=409 , m'en a fait goûter tout le sel.
Ainsi, la qualité première de l'historien ne serait plus la justesse, mais la modestie !
François Delpla
"Je ne vois pas pourquoi nous devrions avoir toujours tous les handicaps du gentleman tandis qu’eux auraient tous les avantages du malfaiteur. Il y a des cas où il doit en être ainsi, mais pas dans celui-ci. "
cf. http://www.delpla.org/article.php3?id_article=48
Eh bien je vais en user ainsi avec David Valence.
Pour l'instant, il a cherché à discréditer mon travail uniquement à coups d'arguments d'autorité : il ne dit rien de mon livre, sinon qu'il est innovant, d'un air de dire que puisque je dis des choses différentes de mes devanciers c'est que je suis un insupportable vantard qui croit avoir touché la Lune alors qu'elle est juste au bout de son doigt.
L'une des affirmations qu'il répète en boucle est la rareté des critiques -au nom de laquelle je devrais le remercier de l'existence de la sienne, et tendre la joue gauche !- et leur caractère entièrement négatif.
Manque de chance : qu'il aille un peu ouvrir "Historiens et géographes" qui vient de paraître et lire ce que dit Ralph Schor, qui n'est pas absolument incompétent sur la période!
Le complot universitaire que, dans une impatience vaticinante, Valence prétend que je vais certainement invoquer, serait-il en train de tourner, non pas en ma faveur, mais en faveur de Clio et de son très dévoué serviteur ?
PS.- Qu'il soit bien entendu que je n'ai évoqué une critique favorable qu'à titre exceptionnel, pour des raisons de légitime défense, et que ce ne soit pas le prétexte d'un nouveau déferlement d'arguments d'autorité !