On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.


S’il ne devait en rester qu’un, ce serait Abraham Lincoln, sauveur de l’Union et « Grand Émancipateur ». Tel était le message de Barack Obama le jour de son investiture à la présidence des États-Unis, inscrit dans la géographie symbolique du pays : son voyage triomphal vers la capitale fédérale empruntait le même parcours que celui d’ « honest Abe » quelques 148 années auparavant ; son premier discours fut énoncé à l’ombre du célèbre Lincoln Memorial de Washington. Point d’orgue de la cérémonie, son serment fut prêté sur la Bible même du grand ancêtre. En janvier 2007 déjà, il avait fait acte de candidature aux primaires démocrates à Springfield (Illinois), ville gardienne de la tombe du seizième président et ville témoin de la double ascension sociale et politique de ces deux hommes. Un candidat démocrate se revendiquant d’un président républicain : faut-il y voir un paradoxe de l’histoire ? Les hommes politiques aux États-Unis ne sont pas les seuls à se sentir inspirés par la geste de Lincoln, devenue à la fois folklore et mythologie. Les historiens l’adorent : les biographies de Lincoln abondent à tel point que le compte en a été perdu depuis longtemps. En 1939, déjà, un ouvrage de Jay Monaghan ne faisant que lister les livres et les pamphlets publiés à son sujet comptait quelques 1079 pages… En dépit de ce foisonnement éditorial, le succès ne se dément pas et certains essais s’imposent comme de véritables best-sellers .
En France, où les études américaines restent marginales dans le paysage historiographique, la dernière biographie d’importance consacrée à Lincoln datait de 1984, traduction d’un ouvrage écrit en 1977 . Il revient à Bernard Vincent, professeur émérite d’histoire et de civilisation américaine de réactualiser nos connaissances à la faveur du bicentenaire de sa naissance (1809) et d’un renouveau chez les Français du désir d’Amérique consécutif à l’élection de Barack Obama.
Si Lincoln a – et continue – de susciter un tel intérêt outre-atlantique, c’est que sa vie se confond tant avec le rêve américain qu’avec son cauchemar. Elle associe dans un seul nom la plupart des mythes fondateurs qui ont construit les États-Unis : les grands espaces de la « frontière », l’idéal du self made man, la recherche de la liberté et la tache de l’esclavage.
Issu d’un milieu fruste, né dans un comté rural du Kentucky – avant-poste de la frontière agricole –, vivotant comme bateleur, négociant ou arpenteur, Abraham Lincoln se hisse en autodidacte – à force d’études solitaires et de lectures – à la profession d’avocat. Personnalité imposante, brillant orateur, admirateur de Henry Clay et du parti whig, il s’intéresse très vite à la politique. Les hiérarchies sociales sont encore très fluides dans le Midwest de l’époque et peu de pesanteurs y entravent l’ascension d’un ambitieux. Il se fait rapidement élire à l’Assemblée de l’Illinois puis pendant deux ans (1847-1849) à la Chambre des représentants à Washington. À la fin de son mandat commence une longue traversée du désert : il retourne à l’anonymat de son cabinet d’avocat à Springfield et échoue par deux fois aux élections sénatoriales.
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La rédaction
Coco
Cordialement.
Coco.
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Iba
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Iba