On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Les idéologues voient partout les signes de leur foi : les conclusions de leurs travaux viennent toujours confirmer les prémisses de leurs raisonnements. Dès les premières années du XXIe siècle, certains n'ont pas manqué de réveiller des peurs ancestrales, le cauchemar de Babel, la monoculture américaine, alors que d'autres nourrissaient les rêves les plus fous, la transfiguration de la démocratie par le Web 2.0, ou la paix perpétuelle d'Emmanuel Kant. Le monde, il est vrai, est devenu un village, ou plutôt une ville, au moins technologiquement, et économiquement. Mais il reste une machine à fabriquer des différences, culturellement et politiquement. En multipliant les échanges, l'économie et la technique ont mis en concurrence les différentes cultures qui composent ou traversent chacune des sociétés contemporaines. Chemin faisant, elles ont tout à la fois exacerbé leurs différences et creusé plus ou moins profondément les fossés qui les séparent. Elles ont du même coup bouleversé les fondements des identités individuelles ou collectives : nos contemporains n'ont pas perdu leurs repères, ils sont perdus parce qu'ils en ont trop. ![]()
2 commentaires
Amélie
A bientôt
étudiante!
Merci bien!
(bonne journée à tous...)