On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Il fut un temps où une émission qui ne parlait que de livres était diffusée en prime time tous les vendredis sur une grande chaîne nationale et réunissait entre 2 et 2,5 millions de téléspectateurs. Entre 1975 et 1990, Apostrophe parvint à s’imposer comme une instance critique incontournable du paysage littéraire, rendit jaloux les intellectuels étrangers et devint même un enjeu d’importance pour l’État. Aujourd’hui, quelle est la place du livre à la télévision ? Dans la longue lignée des études sur les rapports délicats entre culture et télévision, Patrick Tudoret nous livre son observation d’un genre qui a constitué durant de nombreuses années le fer de lance de l’exception culturelle "à la française" : l’émission littéraire.
Que l’on ne s’y méprenne, si L’écrivain sacrifié débute en déclarant la mort de l’émission littéraire, le propos du chercheur n’est pas tant de déclarer l’heure et les circonstances du décès, mais plutôt de s’interroger sur l’incompatibilité de deux médias que rien n’aurait dû faire se rencontrer. Dès les premières pages, l’auteur fait le deuil de cette "sorte de pari fou, [ce] mariage impossible entre une économie foncièrement démocratique, marginale, libertaire, contestataire et naturellement centrifuge : celle de la littérature, et une économie de masse, totalitaire, normative, unanimiste, naturellement inféodée aux lois du nombre et du profit : la télévision."
On pourrait croire que tout est dit, et pourtant, le succès lointain d’une émission comme Apostrophe amène à s’interroger sur l’évolution de la télévision française, qui ne compte plus que quelques rares programmes de ce type , condamnées à hanter les fins de soirées des téléspectateurs et les nuits des responsables de programme : la littérature dans l’écran n’attirant pas les foules, comme chacun sait.
1 commentaire
Anonyme
Mais pourquoi sont-elles diffusées si tard ?