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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Accueil sans bienveillance pour le Goncourt de l’Américain Jonathan Littell aux États-Unis
[jeudi 19 mars 2009 - 10:00]

Succès non-démenti en France, où il s’en est écoulé plus de 700 000 exemplaires, Les Bienveillantes a été acheté 1 million de dollars  par la maison d’éditions Harper, qui pourrait d’ailleurs ne pas rentrer dans ses frais. La publication, le 3 mars outre-Atlantique, du livre du franco-américain Jonathan Littell suscite, chez les anglo-saxons et les américains en particulier, une certaine aversion.

"Nazi-Sex Novel The Kindly Ones Polarizes Western Civilization": si le débat qui entoure la publication aux États-Unis du Goncourt et Grand Prix du Roman de l'Académie française 2006 est légitime, estime New York Magazine, il est aussi l’objet de moqueries. Le blog de l’hebdomadaire new-yorkais note avec amusement l’indulgence quasi-unanime de la critique française et l’accueil incrédule qui lui est réservé ces jours-ci aux États-Unis.

The Kindly Ones, en anglais, avec son sinistre héros, enregistre les confessions d’un officier SS. La lecture de cet interminable pavé de 983 pages est de l’ordre de la punition, pour le San Francisco Chronicle. Selon le Boston Globe, le livre, mi-fiction mi-documentaire, est “vide du point de vue de la narration et incohérent, intellectuellement”. Dans la critique du New York Times, Michiko Kakutani n’est pas moins tendre et trouve le livre "sensationnaliste". Elle remarque que "ses fans semblent avoir pris la perversité pour de l’audace et la prétention pour de l’ambition." Une critique plus clémente lui succède dans Sunday Book Review, qui, tout en exposant les racines littéraires du roman (Tolstoï, Beckett, Nabokov), explique qu’on "ne peut pas en vouloir à Littell d’échouer à cette entreprise impossible".

Michiko Kakutani n’est en tout cas pas la seule à questionner le bien-fondé du prix : elle y voit "un exemple de la perversité occasionnelle du goût français, mais aussi la mesure du changement drastique des attitudes littéraires vis-à-vis de l’Holocauste ces dernières années".
 

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