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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Média-paranoïa, une diatribe contre la critique
[vendredi 06 mars 2009 - 12:00]
Médias
Couverture ouvrage
Média-paranoïa
Laurent Joffrin
Éditeur : Seuil
131 pages / 13,30 € sur
Résumé : Laurent Joffrin se fait l'avocat des médias, contre les "paranoïaques" qui en disent du mal. Pourquoi publier un livre là où un éditorial aurait suffi ?
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"Voici la description du mal qui mine les démocraties modernes". C'est sur cette promesse de diagnostic que Laurent Joffrin accroche son lecteur. Sa vision d'ensemble est celle du juste, lui qui parle avec sincérité, dénué de tout jargon post-intellectuel. Son art d'expliquer simplement des concepts complexes est admirable. Avec le talent d'un graphiste qui dessine le symbole d'un objet, son image devenant tellement familière qu'elle se substitue à la réalité plus complexe.
Personne ne peut contester l'intention de départ du "Média-Paranoïa" de Laurent Joffrin, qui repose sur le double postulat que la démocratie a besoin de la pluralité de la presse et qu'il faut la soutenir pour qu'elle continue d'exister. Certains faits et arguments, la justesse des définitions, et la transposition au réel des idées qui y sont émises nécessitent néanmoins d'être examinés.

Au premier acte ("Témoignage"), Laurent Joffrin nous raconte sa journée (ou du moins une toute petite partie), en tant que directeur de Libération et ce, pour nous prouver que nul ne l'a manipulé ni influencé dans ses choix rédactionnels. Puis, il fait aussitôt état des "quatre maux" dont souffre le journalisme.

Le premier est "le manque de rigueur (...) la fréquence des fautes [qui] reste trop grande" . Sa cause ? L'origine même de la presse : le journalisme partisan ("le journal n'était pas un instrument d'information mais une arme de combat" (p. 27)) et le journalisme de sensation ("la vérité était une contrainte"). Pour Joffrin, les journalistes actuels ont "recueilli un héritage empoisonné. La tradition de la presse française, c'est le commentaire, non l'enquête. Ou alors, dans la presse grand public, l'émotion plus que l'information. La vérité n'est pas essentielle". (p.29) S'en suit un cours pour journaliste débutant, où il rappelle la règle des 5 W (why ? what ? who ? where ? when ?), du croisement des sources et du devoir de vérité.

Le deuxième mal est la mauvaise maîtrise des nouveaux moyens de communication à cause de la révolution technologique des années 80. "La télévision et la radio se privatisent ; les chaînes d'information apparaissent dans le sillage de CNN et se multiplient, la télévision émet soudain 24 heures sur 24. Parallèlement, les techniques de marketing changent l'apparence et le contenu des magazines" . Ce serait donc la "mauvaise maitrise du direct" qui donne de la première guerre du Golfe "une vision déformée et ridicule".

L'auteur dénonce ensuite "la rupture économique" : Joffrin trouve légitime la "logique de l'audimat et celles des ventes dans la presse écrite". Pour lui, les organes d'information doivent être privés, l'unique autre alternative serait sinon de "rétablir une presse d'État, comme en Union soviétique". Il lui semble évident que la privatisation introduit des méthodes de gestion plus efficaces, même s'il reconnaît que cela peut être "dommageable à leur réputation"  .

Enfin, il souligne la perte de confiance dont sont l'objet les politiciens, et par ricochet les journalistes eux-même, car l'opinion publique pense qu'ils sont cooptés, et que les médias font partie du "système". Même si des révélations font chuter une personnalité politique, "l'événement est vécu non comme l'exercice d'un droit démocratique mais comme un règlement de comptes au sein de l'establishment." .

Titre du livre : Média-paranoïa
Auteur : Laurent Joffrin
Éditeur : Seuil
Date de publication : 22/01/09
N° ISBN : 2020975424
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1 commentaire

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Niki Mask

16/03/09 18:25
Applaudissons le grand illusionniste Laurent Joffrin qui dissimule les vraies réponses qu'il soulèvent pour s'autojusfier.

Pour une vraie critique allez voir plutôt ici :
http://www.acrimed.org/article3085.html

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