On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Au terme de cette démonstration, on regrettera peut-être l’absence de documents graphiques pour la mise en scène ou les costumes, ou le peu d’analyses consacrées à cet aspect ou aux nombreuses reprises de ces deux grands chefs d’œuvre. Cet ouvrage donne un peu trop l’impression de rester dans sa portée scolaire et littéraire (et moins visuelle, ce qu’implique pourtant le genre). Enfin, quelques points de réflexion inédits sont abordés (les femmes dans les drames d’Hugo, l’image de la reine dans Ruy Blas…) sans être autrement développés, alors que d’autres éléments plus connus le sont davantage. S. Ledda parvient cependant et surtout à faire (re)découvrir deux pièces emblématiques du répertoire français grâce à une analyse soucieuse de combattre les idées reçues de l’histoire littéraire et d’une réception “superficielleˮ des choses. Son propos est précis, cohérent et très bien organisé : on soulignera à ce sujet la grande pertinence des titres qui permettent de saisir d’emblée la structuration de l’exposé et dont le caractère pédagogique est tout à fait opportun dans l’optique universitaire présentée au début de l’ouvrage. La progression et l’extrême rigueur de cette architecture d’ensemble au niveau des grandes parties et des sous-parties offre une vision dense et exhaustive des deux pièces sans perdre le lecteur amateur dans les méandres des analyses des spécialistes et sans répéter les “acquis” du plus fin connaisseur d’Hugo. La bibliographie est fournie et s’adapte à tout type de lecteur. De quoi ressortir “tout feu tout flammeˮ de cette belle lecture![]()
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