On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Les temps de crise favorisent les simplifications. Ainsi, le relatif consensus qu’a suscité, au moins pour le temps des opérations, l’attaque israélienne sur la bande de Gaza a pu donner l’image d’un pays arc-bouté sur ses certitudes et un sentiment obsidional. Naturellement, la réalité est bien plus complexe : si les voix dissonantes portaient moins, elles étaient pourtant bien là.
C’est précisément le propos de Marius Schattner, correspondant de l’AFP à Jérusalem, que de restituer cette complexité. Bien davantage qu’un désaccord sur la forme que doivent prendre les institutions israéliennes et la part respective que l’un et l’autre camp prétend y tenir, le conflit entre laïcs et religieux révèle une fracture très profonde qui n’a en réalité jamais été réduite. Cette fracture tient à la forme et à la destination, la signification que doit prendre l’État d’Israël.
Les relations initialement conflictuelles entre sionisme et orthodoxie
Adoptant une perspective historique, Marius Schattner remonte donc aux sources du mouvement sioniste, né au XIXème siècle, qui porte en germe un rejet de la vision traditionnelle du judaïsme. Alors que la pensée rabbinique porte en elle un pessimisme foncier – l’auteur rappelle à deux reprises que dans la vision talmudique du monde, l’humanité subit un processus de dégradation constant, chaque génération étant inférieure à la précédente – le sionisme, semblable en cela aux nationalismes du XIXème siècle, propose une nouvelle perspective en prétendant faire sortir le peuple juif de la dépendance multiséculaire à l’égard des pouvoirs européens. L’idée du retour à Jérusalem, rappelle Marius Schattner, est bien sûr constante dans la pensée juive, mais davantage comme une nostalgie que comme un projet. Le judaïsme s’est même construit à partir et autour de l’exil : “La perte de l’indépendance juive, la destruction du Temple et l’exil, après l’échec des révoltes juives, ne sont pas pour la tradition la catastrophe absolue, puisque c’est à partir de ces événements traumatiques que va se construire le judaïsme, la synagogue va se substituer au Temple, (…) le foyer du judaïsme va passer de l’Etat à une multitude de communautés autonomes, liées par le culte et l’étude.”
C’est pourquoi les précurseurs et les premiers représentants du sionisme – Herzl mais aussi Eliezer Ben Yehouda, artisan de la renaissance de l’hébreu, ou Ahad Ha’am – se heurtent très vite à l’orthodoxie. Les débats les plus vifs ont lieu dans la communauté juive de plus en plus nombreuse à Jérusalem, au début du XXème siècle, et portent en particulier sur les règles de vie (faut-il imposer à tous les préceptes de la Torah ?), les relations avec les autorités ottomanes et avec les arabes. Ces difficultés renvoient à une contradiction inhérente au sionisme et difficilement surmontable : "Comment concilier la perte de la foi et le refus de vivre assujettis à la Halakah (la loi juive) avec le respect d’une tradition bâtie, presque entièrement, sur la foi en Dieu et en sa Loi ?". La figure du Pionnier, qui émerge avec la fondation des premiers kibboutzim, s’oppose trait pour trait à celle du Juif pieux telle que des siècles d’exil l’ont formée. Là où l’orthodoxie affirmait le primat absolu de l’étude, combiné à une attitude fondamentalement passive ("l’attitude de moutons qu’on égorge", écrira Yosef Haïm Brenner, qui a témoigné de l’expérience des premiers pionniers) à l’égard du pouvoir en place, les immigrants fuyant les pogroms de Russie pour s’installer en Palestine s’attellent avec ardeur au travail des champs, auquel ils confèrent "un rôle rédempteur quasi mystique".
4 commentaires
Slex
Au moins il y'a vous qui parle encore de ses grands-parents, en palestine, des familles entières ont été assassinés; qui en parlera? il ne reste que les pierres, car même les arbres sont déracinés.
Circulez, les religions n'ont rien à voir.
DESTROY
Ils sont minoritaires. Et pourtant, je n'ai pas le droit de ne pas me reconnaître en eux, je n'ai pas la possibilité de me départir de leurs affirmations.
Je vis en Belgique, et j'ai été déclaré catholique. (pour les statistiques)
et aussi parce que le code Napoléonien (si-si) est toujours en vigueur,
et que l'étât rétribue les curés, évêques et autres épouvantails déviants avec l'argent de TOUS les contribuables.
Combien de temps les lois découvertes par Darwin vont-elles faire subir une telle médiocrité à la race humaine ??? Combien de millénaires d'évolution seront encore nécessaires à l'éradication des religions et des idéologies ?
DESTROY
Ils ont tendu la joue gauche. Comme dans leur livre de prières.
Leur manque de culture circoncis par la religion comme étant la référence en toute situation les a conduit au zyklon B.
Maintenant, ils ne sont pas au paradis. Ils ne sont pas à la gauche ni à la droite de dieu. Ils sont en cendres en terre hostile. Ils gisent dans ce pays immonde qu'est la pologne.
Pour ma génération, on ne tend plus la joue gauche, mais la dague.
En emmerdant avec une force 1000 tous les anti-sémites de la planète.
On ne veut pas être vos amis. On ne veut plus être vos amis.
DESTROY