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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On parle souvent des victimes directes des printemps arabes mais rarement des 2000 morts migrants, tués par non-assistance à personne en danger qui, abandonnés par l’Europe, se sont échoués dans des conditions épouvantables. L’Union européenne a fait des printemps arabes une tragédie qui a été celle des migrants tragiquement noyés, dont les oppresseurs ne sont ni Moubarak, ni Ben Ali mais les responsables européens.

Bertrand Badie, sur nonfiction.fr, le 31 janvier 2012. 

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Expériences d'Indochine
[mercredi 25 février 2009 - 09:00]
Histoire
Couverture ouvrage
De l'autre côté de l'eau. Indochine 1950-1952
Dominique de La Motte
Éditeur : Tallandier
165 pages / 17,10 € sur
Résumé : Ni journal, si souvenirs, ce petit livre expose les réminiscences d'un jeune officier dans la guerre d'Indochine.
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C’est un récit et un témoignage de premier ordre que les éditions Tallandier offrent aux lecteurs intéressés par l'histoire de la guerre d'Indochine, en publiant l'ouvrage de Dominique de La Motte.

Ancien général de l'Armée blindée de Cavalerie, sorti de Saint-Cyr en 1947, l'auteur n'est pas le premier militaire engagé dans le conflit indochinois à livrer ses mémoires. Mais plus de cinquante ans après les événements, alors que la génération intéressée est entrée dans le dernier âge de son existence, il faut se réjouir que le souvenir de ce qui n'est pas seulement son histoire personnelle mais aussi celle de plusieurs peuples puisse prendre forme éditoriale. Cette démarche est d'autant plus salutaire que "coincée" entre la Seconde Guerre mondiale et la guerre d'Algérie, celle d’Indochine occupe une place marginale dans la mémoire collective, comme réservée à quelques spécialistes et érudits.

L’ouvage de Dominique de La Motte ne saurait combler ce vide et ce n’est point son objet. Mais la brièveté de l’œuvre (165 pages en format in-16) ne saurait dissimuler sa profondeur et sa puissance évocatrice. De l’autre côté de l’eau pourrait être le titre d’un roman  et au demeurant, l’ouvrage se lit comme tel. C’est en effet d’une langue alerte et dans un style plaisant que l’auteur relate ses souvenirs les plus marquants d’un séjour de deux ans passé dans le sud du Viêt Nam (appelé alors Cochinchine) comme chef d’un commando d’autochtones entre février 1951 et juin 1952.

Il ne s’agit nullement d’un journal tenu au fil des jours dans le feu de l’action, même si l’auteur fait admirablement revivre le jeune officier qu’il était alors, s’effaçant totalement derrière lui. Il ne s’agit pas non plus de souvenirs au sens classique du terme : nulle recherche de l’exhaustivité ici, mais plutôt des "réminiscences" issues d’un tri opéré naturellement par la mémoire, comme l’indique d’emblée l’auteur . La préface de l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau replace le récit dans son contexte général et a l’avantage d’expliquer le titre, de prime abord sibyllin, de l’ouvrage. On saluera de même le lexique final, dressé par l’historien, qui en quelques phrases concises, définit certains termes et apporte d’utiles précisions sur certains des personnages cités. Sans apparat critique qui gêne la lecture dans le corps du récit, le livre gagne assurément en lisibilité.

Le résultat n’en est pas moins riche. Cela tient d’abord à l’originalité de l’expérience vécue par l’auteur. La guerre d’Indochine ne fut pas, de façon générale, une guerre conventionnelle, mais la mission confiée au lieutenant de La Motte atteint un sommet dans l’ "atypisme". Il fut en effet chargé de prendre la tête d’un commando de 130 partisans autochtones, avec femmes et enfants, dans le cadre de la "guerre des postes", où il s’agissait de harceler et maintenir inlassablement la position française sur une petite portion de territoire. A cette fin, le jeune lieutenant se vit confier une grande marge d’initiative.

Titre du livre : De l'autre côté de l'eau. Indochine 1950-1952
Auteur : Dominique de La Motte
Éditeur : Tallandier
Collection : Archives
Date de publication : 08/12/08
N° ISBN : 2847345507
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5 commentaires

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Vo N'guyen G.

01/06/09 16:34
A anonyme du 11 avril:
Pour moi le bouquin de référence sur la guerre d'Indochine, c'est celui de Lucien Bodard, qui commence en 46 et se termine hélas avec Dien Bien...
Il y a tout sans ce livre, à lire absolument ! Ses trois livres sur l'Indo sortis en 65/66/67 ont été regroupés en un seul gros volume " La guerre d'Indochine".
Bonne lecture !
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loouis

19/05/09 18:09
Super bouquin, passionnant d'un bout à l'autre.
l'émotion qui se dégage de certains passage est réelle.
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AD

14/04/09 19:22
Le livre de référence concernant la guerre d'Indochine est en général l'ouvrage de Jacques Dalloz (La guerre d'Indochine), disponible en poche (Points Seuil)
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Anonyme

11/04/09 14:22
bonne critique... mais si ce bouquin est un témoignage, quel est le bouquin de référence par rapport à la guerre d'indochine ?
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Anonyme

03/04/09 01:25
ça m'a donné envie d'acheter le bouquin ! pourquoi deroche n'écrit-il pas davantage de critiques ?

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