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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Blogonomiques. L'actualité économique vue des blogs. Volume 5.
[lundi 23 février 2009 - 15:00]
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Une dépression des bilans des ménages?


Paul Krugman explique que la crise bancaire n’est pas l’aspect le plus effrayant de ce que nous vivons ces temps-ci. Nous serions en fait dans une crise des bilans des ménages, qui se sont appauvris, et non enrichis, depuis 2001, contrairement à ce que pensaient la plupart des gens. Il ne s’agit évidemment pas du facteur qui a détermine le déclenchement de la crise, mais de celui qui va la rendre plus longue et douloureuse : avec moins d’actifs (baisse du prix de l’immobilier) et plus de dettes (hausse des taux d’intérêts à l’emprunt) et une anxiété croissante, la consommation restera déprimée pour un bon moment. On sait que Grande Dépression ne s’est terminée qu’avec la seconde Guerre Mondiale, qui s’interprète économiquement du point de vue américain comme un énorme effort de dépense publique. Krugman conclut : "Dans notre cas, l’ajustement sera lent et douloureux". Partant d’une analyse similaire, Axel Leijonhufvud, en revanche, ne croit pas que la relance budgétaire puisse être suffisante.
 
Krugman base d’ailleurs son analyse de la période actuelle sur un article perspicace de James Kwak qui montre que la famille américaine moyenne a épargné pour sa retraite sous forme d’investissements immobiliers et actifs mobiliers, et ont perdu l’équivalent d’un tiers de leur valeur nette. Reconstituer une épargne va devenir le souci majeur des ménages américains, que ce soit en vue de la retraite, pour payer des études, ou comme protection contre un chômage croissant. En conséquence, la consommation sera anémique pendant plusieurs mois, voire des années.
 
Martin Wolf se utilise l’exemple japonais pour comprendre la récession actuelle, et obtient une analyse convergente avec celles de Krugman et de Kwak. Pour les Etats-Unis comme pour le Japon, la crise des bilans rend la politique monétaire inutile : il ne reste plus que la politique budgétaire, dont le Japon s’est servie pendant la "décennie perdue" pour éviter une dépression du type de celles des années 1930. Mais comme pour le Japon, le système financier est loin d’avoir été remis en état pour affronter les difficultés à venir, tandis que l’environnement international empêche de compter sur une relance par les exportations.


La révélation des prix et l’efficacité du TARP
 

James Kwak discute une proposition de Lucian Bebchuk sur la question de la révélation des prix corrects pour les actifs toxiques. En résumé, le problème est de créer un prix de marché qui convainque les banques de vendre leurs actifs. Bebchuk propose par exemple de créer non pas une mais plusieurs "mauvaises banques" qui seraient en concurrence pour acheter ces actifs, permettant de révéler un prix de marché. De l’autre côté, la concurrence entre les managers de fonds minimiserait leur demande de capitaux publics, et donc la contribution de l’Etat.


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