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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Commentaire sur le Moyen-Orient
[mercredi 18 février 2009 - 09:00]
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Trois articles importants qui traitent des problématiques du Moyen-Orient ont été publiés dans la livraison hivernale de la revue Commentaire, sur les Frères Musulmans par rapport au salafisme, sur l’historicité d’Israël, et sur les difficultés auxquelles al-Qaïda est confrontée.

Dans ses remarques introductives à la conférence sur les Frères Musulmans proposée en 2007 au Hudson Institute, Hillel Fradkin rappelle l’importance de ce mouvement, et de ses penseurs, sur le salafisme contemporain . Premier et plus important mouvement de masse religieux contemporain en terre d’Islam, les Frères, à travers leur réflexion, leurs débats, et les choix douloureux qu’ils ont dû faire face à la répression en Égypte, sont un courant structurant de l’islam politique - autour d’eux et contre eux - pour ceux qui, comme certains jihadistes, se sont détachés du tronc premier. Les questions posées par Hassan al-Banna, leur fondateur, et par Sayyed Qutb, leur penseur le plus influent, tous deux exécutés lors de ces phases de répression, demeurent au centre de la pensée islamique et islamiste ; "jalons" ) incontournables pour penser la question de leur rapport à la violence, leur conception politique en "mouvement" plus qu’en parti, l’importance accordée à l’insertion dans la société, et le caractère utopiste (au sens politique du terme, sans jugement de valeur) de cette idéologie, point plus rarement souligné, et sur lequel insiste l’auteur. S’agissant de notes introductives, la présentation est nécessairement courte, donnant envie de creuser davantage par soi-même, mais offre une vision claire, synthétique, articulée d’un mouvement fondateur et fondamental dans le monde musulman contemporain.

Catherine Dupeyron choisit de prendre les choses à rebours, en annonçant les… 110 ans d’Israël ! Derrière la boutade du titre, ce que l’auteur cherche à montrer est l’historicité et l’ancrage sur plus d’un siècle de la communauté juive de Palestine, le Yichouv, devenue État alors que l’essentiel de ses structures était déjà en place et opérationnel, parfois depuis des décennies. Si l’Histoire de la confrontation avec les Palestiniens n’apparaît pas ici, c’est qu’il s’agit d’une histoire interne de la communauté juive de Terre Sainte, et de sa construction en tant que société autonome, disposant de ses propres institutions, de sa langue, de ses villes, à part de la recherche de l’indépendance, laquelle n’aurait pu se réaliser sans cette infrastructure. Par cette façon un peu provocatrice de procéder, Catherine Dupeyron vise surtout à approfondir la compréhension de la société israélienne en tant que telle, bâtie sur le long terme, et possédant ses dynamiques propres dès avant 1939, réfutant ainsi l’idée trop simple d’un État rapidement institué par l’Occident pour se dédouaner de sa culpabilité à l’égard des massacres nazis. La Shoah est bien sûr un événement majeur, fondamental de l’histoire juive et d’Israël, mais elle ne se suffit pas en tant que telle comme explication à la vie israélienne. Celle-ci est issue des efforts de ceux qui firent d’une communauté une société cohérente, prise dans sa propre histoire, et dans ses propres rapports au reste du monde, ce que l’immensité du drame des années de guerre tend parfois à dissimuler, et qui pourrait avoir des effets pervers pour saisir ses évolutions.

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2 commentaires

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Yamoussoukro

23/02/09 09:00
Béatrice, merci pour ce commentaire éclairant, qui est visiblement sans aucun parti pris, ni dans son vocabulaire ("entité juive pseudo étatique"), ni dans son fond...
J'espère sincèrement que le site de Nonfiction.fr pourra rester à l'écart des débats polémiques non scientifiques, comme il l'a fait jusqu'à présent. Ce qui a contribué à sa haute qualité.
Trolls s'abstenir, donc.
Y.
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Béatrice

20/02/09 19:57
Il est exact qu'avec ou sans Shoah (contre lequel les sionistes n'ont pratiquement pas agi) , qu'avec ou sans la résolution 181 que sa propre Charte empêchait l'ONu de voter, les sionistes auraient créé, sans "excuses", sans prétextes, sans arguments fallacieux leur entité juive pesudo étatique. Toujours sans constitution malgré l'engagement pris lors de la déclaration d'indépendance et toujours sans frontières.

Un site dédié à la Résolution 181 qui n'était qu'une recommandation et pas une prescription impérative peut beaucoup éclairer sur ce sujet fondamental.

http://site.voila.fr/amoralite-natale

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