On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Les lecteurs habitués aux publications de la DARES (Premières Synthèses et Travail et Emploi en particulier) savent que les enquêtes “Relations professionnelles et négociations d’entreprise” (REPONSE) constituent une source d’informations inégalable sur le sujet des relations sociales en entreprise au sens large. Mais ils n’avaient pas jusqu’ici le moyen d’en obtenir une vue globale et peut-être en sous-estimaient-ils encore l’importance. Grâce à ce livre, cela ne devrait plus être possible. Celui-ci offre en effet une vue très complète sur l’histoire, la méthodologie, les enjeux et les résultats des trois enquêtes qui ont été réalisées à ce jour. Il montre, à travers ses différentes contributions , la grande diversité des situations et des pratiques, et la nécessité de prendre celle-ci en compte dans les appréciations que l’on peut porter sur l’évolution des relations sociales. Il permet également de relativiser et d’affiner de nombreuses questions.
Un dispositif complet et bien rodé
Une première partie est consacrée au dispositif des enquêtes lui-même. Elle explique comment les données sont recueillies et traitées. La première contribution établit un parallèle avec la Grande-Bretagne. L’enquête WIRS , bien antérieure, a servi de modèle à la première enquête REPONSE. Cependant les contextes nationaux diffèrent. En Grande-Bretagne, le nombre d’établissements ayant au moins un représentant des salariés est beaucoup plus faible. De même, outre Manche, les traditions académiques sont plus portées sur les statistiques, qui sont moins fréquemment complétées par des études de cas qualitatives, explique l’auteur. La deuxième contribution revient en détail sur la genèse et les modifications apportées au cours des versions successives de l’enquête, comme le recours à l’interrogation des salariés à partir de sa deuxième édition. Il convient de saluer ses auteurs, qui ont réussi à la rendre très lisible.
Une troisième contribution, en forme d’enquête sur l’enquête, porte sur la manière dont celle-ci est perçue par les enquêtés (représentants de la direction, représentants du personnel et salariés) d’une part, et par les enquêteurs d’autre part .
Un contexte à prendre en considération
La deuxième partie restitue les évolutions des contextes économique, juridique et politique français pour la période des quinze dernières années que couvrent les trois enquêtes REPONSE, en cherchant à apprécier leur impact sur les relations sociales. La tertiarisation et la déconcentration productive contribuent à déstabiliser la représentation du personnel (mesurée dans l’enquête par la présence d’un représentant élu et/ou d’un délégué syndical). La concentration financière (et notamment la montée des groupes) joue en revanche en sa faveur (dans le contexte existant des relations sociales), ce qui explique que l’on enregistre une augmentation du taux d’établissements couverts, qui, à certains égards, peut paraître surprenante.
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