Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Quoi de plus naturel que de commencer un livre par la quatrième de couverture ? Après tout, c’est une démarche légitime. Ici, on trouvera d’abord la (trop ?) célèbre citation de Rabelais, "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme", qui nous rappelle avec un brin de nostalgie nos premières dissertations en classe de philosophie. Le premier paragraphe annonce fièrement que nous avons entre les mains les "contributions de personnalités – dont sept prix Nobel". Une deuxième couche à la fin du même paragraphe précise que "Quatre prix Nobel se livrent notamment à un débat sur la nature de la vie et le processus de l’évolution." Allons donc, de grands chercheurs, que dis-je, des sommités dont le savoir ne pourra être remis en question, vont nous apporter quelques précisions sur l’évolution. Subrepticement, le deuxième paragraphe nous indique qu’il y aura "des considérations philosophiques et même théologiques". La belle affaire ! Que vient faire ici la théologie ? Les esprits critiques auront déjà compris qu’il est question d’en imposer au lecteur à coup de prix Nobel pour introduire insidieusement une remise en cause des théories de l’évolution.
L'expression d'un nouveau recul de l'intelligent design ou sa nouvelle forme pernicieuse ?
En cette année Darwin (200 ans de sa naissance,150 ans après la parution de L’origine des espèces), Jean Staune semble tenir à se pavaner comme "maître de conférences à HEC", alors que sur son site comme sous Wikipédia, il est contraint à plus de modestie avec le titre de "chargé de cours". Que voulez-vous, devant tant de prix Nobel ! De même, "l’Université interdisciplinaire de Paris" (UIP), dont il est secrétaire général n’a absolument rien d’une université : cette association, l’UIP est régie selon la loi 1901 et n’est que le réceptacle d’importants financements de la fondation Templeton, connue aux États-Unis pour fédérer les "recherches" autour du Dessein intelligent, (Intelligent Design ; théorie pseudo-scientifique selon laquelle il y aurait "quelque chose" d’intelligent, une puissance supérieure, un dieu par exemple, qui expliquerait la création du Monde mieux que les théories scientifiques comme la théorie de l’évolution ).
Dans sa préface, Jean Staune se réfère à Raymond Chiao pour introduire l’idée d’une nouvelle convergence entre science et religion . Mais ce livre révèle une unique vraie bonne nouvelle, qui se doit d’être annoncée (urbi et orbi ?) au plus vite : après des années pendant lesquelles le créationnisme constituait le fer de lance de la lutte contre le darwinisme, on se souvient qu’à la fin du siècle dernier le Vatican et quelques autre officines réactionnaires avaient introduit la théorie de l’Intelligent design, d’ailleurs reprise en ces termes par M. Staune : "l’évolution implique l’existence d’un algorithme contrôle optimal" . La bonne nouvelle, c’est qu’on assiste à un nouveau recul : le "grand théologien" (sic) Robert Russell ouvre une troisième voie, se plaçant "entre l’Intelligent design et ceux prônant l’indépendance entre science et religion." On peut d’ailleurs imaginer que M. Staune a dû être sensible à l’autre nouvelle convergence entre science et religion, lorsqu’il a vu très récemment le président iranien Ahmadinejad exécuter une prière collective pour le décollage d’une fusée…
12 commentaires
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jeanlouis ex elancourt
Gary Rosen
http://www.templeton.org/capabilities_2008/LifeScience.html
Gary Rosen
John Templeton Foundation