On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Ce livre offre un panorama français et international des études et des acteurs de la question de la représentation des minorités non blanches dans les médias, des années 1980 aux années 2000. Il s'agit d'un ouvrage de ressources documentaires plutôt qu'un livre de recherche ou qu'un essai. À la lecture, la principale conclusion est que si la France a été très en retard dans la prise en compte de cette question par rapport à l'Union Européenne, aux États-Unis et au Royaume-Uni, la situation s'est transformée au cours des années 2000 : tandis que la France affiche un fort volontarisme transformateur, l'Allemagne est toujours à la traîne et le Royaume-Uni, qui était le plus avancé dans ce domaine, connaît depuis la fin des années 1990 et surtout depuis les attentats terroristes islamiques de 2005, à la fois une méfiance vis-à-vis du multiculturalisme et un net recul du volontarisme en matière de diversité dans les médias.
Ce livre collectif est le produit de la rencontre entre une commande publique, celle de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances et un réseau de spécialistes des politiques relatives aux minorités fédérés par l'Institut Panos, une ONG internationale à financements publics européens. Sous le terme "diversité", il faut comprendre "la représentation des groupes issus de l'immigration et des minorités" ; l'objet principal du livre n'étant pas une étude de ces représentations mais une présentation commentée de l'ensemble des documents universitaires, journalistiques et institutionnels (rapports, dispositifs) produits depuis les années 1990 en France, analysés dans leur développement chronologique et en comparaison avec ce qui a été fait sur le même thème au Royaume-Uni, en Allemagne et aux États-Unis. L'utilité de cette comparaison internationale s'est imposée aux auteurs en raison du "retard pris par les médias hexagonaux pour refléter la diversité des composantes de la société" , mais aussi parce que "les recherches sur la thématique 'médias et migration' sont particulièrement peu développées en France contrairement à d'autres pays" .
Le livre se consacre tout d’abord à une histoire des productions scientifiques et médiatiques ayant contribué à problématiser la question. Il est frappant de constater qu'en France comme en Allemagne, des années 1980 jusqu'à la fin des années 1990, la principale préoccupation concerne l'intégration des immigrés via leurs usages des médias et les émissions qui leur sont spécialement destinées sans que la question de la diversification de la Nation elle-même ne soit posée, à l'inverse de la situation au Royaume-Uni et aux États-Unis où dès les années 1960, et sous l'impulsion des groupes concernés, s'engagent de véritables programmes de "politiques de la représentation" articulant la question des minorités avec celle du renouvellement de l'identité nationale elle-même .
1 commentaire
isa974
Voici ma question:Coment s'intégrent les minorités dans les médias français ? Et quels sont les limites de cette intégration?
Je vous laisse mon adresse e-mail si vous voulais bien répondre a ma question :dubardisabelle@orange.fr