On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Le supplément littéraire Book World, ajouté au Washington Post en 1972, disparaîtra le 15 février prochain. Pour des raisons financières, les seize pages dominicales consacrées à l’actualité éditoriale vont être intégrées à deux rubriques du quotidien. Selon un article du New York Times daté du 28 janvier, lecteurs comme rédacteurs sont accablés par cette nouvelle. La symbolique de cette suppression est considérable. Le Book World était un des deux suppléments littéraires importants encore imprimés, avec la New York Times Book Review, qui restera désormais seule sur une scène peu à peu désertée. L’actualité du livre n’est plus à la page dans la presse écrite. Si l’intégral de Book World reste disponible sur Internet, son impact en est largement amoindri. Simple adaptation aux évolutions de la presse ou abandon regrettable d’un outil précieux pour penser le monde à travers les livres ?
* Motoko Rich, "Washington Post’s Book World Goes Out of Print as a Separate Section", The New York Times (28.01.09)
1 commentaire
ghislainhammer
J'en suis attristé de voir comment l'économie peut détruire la culture.
Pour des raisons financières, on supprime ( dans ce cas c'est déplacé ) en premier ce qui ne marche pas. Il ne faut pas accabler que la New York Times Book Review, le lecteur qui ne lit plus et aussi le coupable.
Quand la demande baisse, l'offre baisse, c'est évident.
On peut donc tout autant tonner sur le NYTimes que sur les américains qui ne lisent plus.
Et le problème se retrouve en France, hélas