Rédacteur

Critique à nonfiction.fr.

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
1890 : une culture visuelle sous un débat social
[mercredi 28 janvier 2009 - 11:00]
Histoire de l’art
Couverture ouvrage
La République troublée, culture visuelle et débat social (1889-1900)
Richard Thomson
Éditeur : Les presses du réel
476 pages / 26,60 € sur
Résumé : En s’intéressant au lien intrinsèque entre images et débats sociaux au XIXe, cette étude rend à la culture visuelle sa valeur politique et sociale.
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La revanche. "Y penser toujours, n’en parler jamais" : les images et l’esprit de revanche

Thomson va dans ce chapitre à l’encontre des idées reçues sur les années 1890. La culture visuelle révèle que l’idée de revanche est bien plus présente qu’on ne pourrait le penser de prime abord. Il utilise principalement deux canaux pour sa démonstration : les images naturalistes ou réalistes de scènes ayant rapport avec la guerre ou la conscription, et les allégories, comme le tableau de Jean-Jacques Henner, L’alsace (Elle attend !), où l’Alsace est représentée sous les traits d’une jeune fille (1871) et dont la forte diffusion entretient l’esprit de revanche. Même s’il est impossible de faire une lecture à sens unique de la plupart des œuvres citées, force est de constater que l’esprit de revanche n’est pas enfoui dans les consciences et que, bien au contraire, l’imagerie se fait le véhicule de questions nationales.

 

Vers une typologie de l’écho des préoccupations sociales dans l’art

Au moment de faire le bilan de son étude, Thomson entrevoit des conclusions nuancées : si dans le cas de la foule, l’imagerie s’associe étroitement aux discours de l’époque, concernant le corps, qui est déjà le grand sujet des artistes, ceux-ci n’ont nul besoin du débat social pour aborder dans leurs œuvres les questions de déclin ou de la santé, ils illustrent plutôt un état d’esprit contemporain. Sur l’esprit de revanche, Thomson espère avoir contribué à faire réviser les jugements : l’imagerie de la période n’est pas neutre, elle est plutôt incitative. Enfin la question religieuse, mélange délicat entre public et privé, est celle qui pose le plus de difficulté au questionnement de l’auteur.

 

Dans cet ouvrage, Thomson se livre à un exercice périlleux, menacés par différents écueils qu’il s’efforce d’éviter à grands renforts de nuances, tels l’historicisme ou la conception qui fait de l’œuvre le symptôme d’une époque et/ou l’expression de cette époque, stigmatisée par Gombrich sous le nom de "physionomisme". Tout l’ouvrage résonne alors comme un plaidoyer en faveur d’une histoire "sociale" de l’art, dans laquelle on lirait les œuvres comme étant en lien avec la réalité de leur époque, en tant qu’expressions d’expérience sociale et non pas seulement comme des œuvres de musée. Le débat reste ouvert.
 

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