On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
L’idée de créer une "mauvaise banque aggréagatrice" est-elle mauvaise?
Paul Krugman explique pourquoi les "mauvaises banques" sont une mauvaise idée : il est impossible de fixer un prix correct pour les actifs toxiques, et cela revient à sauver non seulement les banques, mais aussi leurs actionnaires. Une bien meilleure idée serait celle de recréer la "Resolution Trust Corporation" qui avait permis de mettre fin à la crise des "Savings and Loans" dans les années 1980, en nationalisant, restructurant, puis reprivatisant les banques. Willem Buiter est aussi hostile à l’idée d’une mauvaise banque, et y va franchement: "Mais nationalisez les donc toutes!". Pour un florilège, FT Alphaville a préparé pour vous une "link-fest", et le débat continue chez Felix Salmon .
L’équilibre du commerce international : la tâche du G20 et celle d’Obama
Pour Martin Wolf , il ne faut pas attendre d’Obama qu’il règle la crise seul, puisqu’il l’interprète comme un produit de l’économie globale. Il doit avant tout prendre les commandes dans l’effort mondial pour régler une des causes de la crise : le déséquilibre mondial qui est "une interaction perverse entre la propension de certains pays à maintenir une offre excessive [par exemple : Chine, Japon Allemagne, note du traducteur] et celle d’autres pays qui ont une demande excessive [par exemple, États-Unis, Royaume Uni, Portugal]". Parvenir à gérer cet ajustement est de très loin le plus grand défi pour le G20. Un échec conduirait à un retour au protectionnisme généralisé. C’est d’ailleurs mal parti : dans ses réponses aux questions des sénateurs, le nouveau secrétaire au Trésor, Tim Geithner, a expliqué que : "Le président Obama – suivant en cela les conclusions de nombreux économistes – croit que la Chine manipule sa monnaie". Cette remarque, un tournant radical par rapport à l’approche précédente si elle se confirmait, a généré de très nombreux commentaires .
À combien se montent les pertes du système ?
Calcuated Risk discute l’estimation de Nouriel Roubini (connu pour son pessimisme, mais aussi ses prédictions souvent justes sur la crise) quant à la valeur des "actifs pourris", qui se monterait à 3,6 trillions de dollars. Dans ce cas là, le secteur financier américain serait effectivement insolvable. Le capital dont dispose le secteur étant de 1,4 trillions, ce constat est plausible, même si le chiffre était exagéré.
Jusqu’où les prix de l’immobilier vont-ils aller ?
Yves Smith, du blog Naked Capitalism montre que les perspectives sont catastrophiques. Selon les statistiques fournies par les constructeurs immobiliers, les prix devraient tomber de 29% cette année, soit 50% depuis le pic de la bulle en 2006. C’est gigantesque, d’autant plus que les économistes savent que les effets d’une récession sont plus forts quand les actifs mobiliers ou immobiliers chutent rapidement.
4 commentaires
André
Pierre
MartinK
Pour vous répondre, il y a quelques excellents blogs français, mais pas assez spécialisés pour faire émerger de véritables débats. La version originale de ces revues de presse est en anglais, mais je tenterai d'inclure davantage de liens en français dans la traduction.
Sur la crise, vous pouvez voir (entre autres) éconoclaste (http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/) ou Rationalité limitée (http://rationalitelimitee.wordpress.com/, mais qui résume aussi souvent des papiers en anglais).
Pierre