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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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L'Iran sous le coup des clichés
[vendredi 23 janvier 2009 - 14:00]
Moyen-Orient
Couverture ouvrage
Iran, l'irrésistible ascension
Robert Bear
Éditeur : Jean-Claude Lattès
382 pages / 19,48 € sur
Résumé : L’Iran analysé par un ancien agent de la CIA , dont l’ambition initiale de subversion des stéréotypes aboutit à la confirmation des caricatures.
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L'idée est bonne et originale : nous donner une nouvelle vision de l'Iran, l'un des pays les plus caricaturé du  monde par les médias de référence. Dans l'imaginaire commun, l'Iran est peuplé d'ayatollahs barbus, de fous d'Allah dont le rêve serait de détruire Israël. L'Iran c'est aussi des femmes entièrement voilées, des pasdarans meurtriers et un président un peu cinglé dont le seul but est de détenir l'arme nucléaire (et, accessoirement, de l'utiliser sur un coup de tête). Robert Baer, ancien agent de la CIA qui a passé la plupart de sa vie à parcourir le Moyen-Orient, met les pieds dans le plat. Pour lui, il faut arrêter de voir l'Iran comme il était en 1979 : "Il est temps de reconnaître enfin l'Iran pour ce qu'il est aujourd'hui". Mais comment est menée cette analyse, et, surtout, que vaut-elle ?


D'un cliché à l'autre

La première de couverture est assez significative : le mot Iran est écrit en lettre rouge-sang, avec toutes les connotations que cela implique. Le titre original, en anglais, est encore plus révélateur : "The devil we know : dealing with the new iranian superpower". À l'inverse de ce qu'on aimerait nous faire croire, les clichés ne semblent donc pas si près de tomber... Dès le prologue, on comprend aussi que le but de l'auteur n'est pas de nuancer ses propos, ni même de s'appuyer sur d'autres ouvrages déjà écrits. Le style oscille entre narration et analyse, flashbacks d'entretiens et scènes de vie. Le fait que l'homme fut, pendant de nombreuses années, payé par la CIA n'aide pas vraiment à rendre l'ouvrage crédible : nous sommes ici face à une vision personnelle, subjective et au fruit d'un travail de terrain pour le compte d'un gouvernement. Tous ces facteurs mettent hélas à mal l'ouvrage et l'idée de faire tomber les préjugés se retourne vite contre le lecteur : l'Iran n'est plus un pays lointain d'où émane un "islamofascisme" latent , mais trop éparpillé pour faire peur à quiconque ; l'Iran est désormais impérialiste, pragmatique, armé jusqu'aux dents et, plus que tout, calculateur. L'Iran veut un empire, son empire, bâti sur les ruines de l'ancien empire perse. Mais l'Iran veut aussi le pétrole des pays du Golfe (Arabie Saoudite, EAU, Bahreïn, etc.), le contrôle de l'Irak (pour le pétrole toujours, mais aussi  pour rallier sous sa bannière tous les chiites). L'Iran veut enfin la Palestine pour devenir le meneur de la cause musulmane , et, en gardant cette optique, Médine et La Mecque pour rester, sans conteste, le meneur religieux et militaire de cette région du monde. Rien que cela...

Titre du livre : Iran, l'irrésistible ascension
Auteur : Robert Bear
Éditeur : Jean-Claude Lattès
Collection : Essais et documents
Date de publication : 19/11/08
N° ISBN : 270963077X
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