On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Der Angriff (L’Attaque) est disponible dans les kiosques allemands depuis jeudi 8 janvier 2009. Disons plutôt : "À nouveau disponible". Rappelez-vous : Der Angriff a fait sa première, sa "vraie" apparition au début des années 1930, concrétisant un projet de Joseph Goebbels… ministre de la propagande du Reichsführer Adolf Hitler.
Le responsable de ce retour sur la scène – et sous les yeux d’un public potentiel large et aux mentalités diverses – d’un journal nazi est un nouveau venu dans le panorama de la presse allemande : Zeitungszeugen , magazine d’histoire hebdomadaire, tiré à 300 000 exemplaires, qui proposera tous les jeudis, moyennant 3,90 euros, trois fac-similés de journaux allemands parus dans les années 1930-1940. Ces documents d’époque ne seront pas livrés tels quels : ils sont pensés comme supports d’une réflexion historique, sociologique et scientifique. A ce titre, ils seront accompagnés de mises en contexte et d’analyses de fond, menées par une équipe de penseurs et de chercheurs dont la réputation n’est plus à faire. Presse Portal revient en détails sur la constitution sérieuse de cette équipe.
"Il est trop facile de jeter le livret explicatif et de ne garder que le journal nazi." C’est par cette phrase que Stephan Kramer, secrétaire général du Conseil central des Juifs d’Allemagne, exprime sa réticence face à la fenêtre d’exposition qu’offrent les éditions britanniques Albertas Limited à des documents qui ne manqueront pas de réjouir les groupuscules néo-nazis. Pour la première fois, des journaux du Troisième Reich font l’objet d’une réimpression complète. L’équipe de Zeitungszeugen en fait une fierté et porte la nouvelle en grosses lettres sur la couverture de son premier numéro. Du côté des détracteurs, on dénonce un pari trop optimiste sur la force de l’esprit critique du lectorat. "Cela ne va pas contribuer à une prise de conscience historique mais seulement permettre aux sympathisants nazis de se procurer facilement les journaux de l’époque.", estime M. Kramer, qui rappelle le contenu anticonstitutionnel, car fortement antisémite, dont regorgent ces journaux d’époque. En France, le CRIF (Conseil représentatif des Institutions juives de France) tire sur les mêmes ficelles pour actionner la sonnette d’alarme. Mais le lectorat allemand semble plus disposé à ouvrir les yeux que les oreilles : Zeitungszeugen, dont des versions similaires ont fait leurs preuves dans d’autres kiosques d’Europe , enregistre un accueil plutôt positif selon le reportage vidéo du Frankfurter Allgemeine Zeitung.
5 commentaires
michael h.
jacques B
raphaelep
ghislainhammer
Anonyme
On sent que c'est la crise en Allemagne, un tel journal ne peut que surfer sur la vague d'un pays décadent.