Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Que vous soyez née à São Paulo ou à Paris, au Mexique ou en Norvège, ne vous faites pas trop d’illusions : certes votre situation en tant que femme s’est grandement améliorée ces cinquante dernières années, vous avez désormais accès la plupart du temps à l’éducation et au marché du travail, mais vous demeurez victime de votre statut de "deuxième sexe". Plus souvent au chômage ou cantonnée dans des professions bien déterminées, soumise à la double peine (cumul d’une activité professionnelle et des tâches domestiques), moins bien rémunérée que vos congénères masculins, enfermée dans des emplois à temps partiel subi, le chemin de l’égalité est encore long ; et ne comptez pas sur votre employeur pour imposer spontanément la parité, lui qui trouve que vos besoins en crèches coûtent décidément trop cher.
De l'intérêt d'une approche comparative
Voilà en substance ce que conclut cet ouvrage comparatif, recueil d’articles traitant de la question de l’accès différencié au marché du travail et de son influence sur l’organisation des temps sociaux des deux côtés de l’Atlantique. Un bilan certes déjà bien connu, mais qui a pour originalité de ne pas choisir les deux rives habituelles du même océan : c’est à sa consœur latine que l’Europe est ici confrontée, et non à l’Amérique du Nord comme on l’aurait fait spontanément. Délicat programme, me direz-vous, car voici deux zones géographiques bien différentes, tant du point de vue de leur niveau de développement que de la place réservée aux femmes dans la société. Il est déjà si difficile de comparer entre eux les pays européens, entre l’égalitarisme des Nordiques et la perpétuation des traditions chez les Latins… Mais ce serait d'une part oublier la culture commune partagée par les deux continents, forgée par la tradition chrétienne à l’origine d’une même organisation traditionnelle, celle du male breadwinner. Et d’autre part se priver d’une synthèse fort intéressante en termes d’enseignement sur une situation plus universelle qu’on aurait pu le penser de prime abord. Les auteurs de l’ouvrage se mettent d’ailleurs à l’abri de critiques trop virulentes sur la validité des comparaisons effectuées, en incluant un chapitre très intéressant de M.Lallement sur l’intérêt des comparaisons internationales appréhendées par le prisme du genre.
Aucun commentaire