On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Historienne de l'art aujourd'hui, Florence Colin-Goguel a d’abord suivi l’enseignement de Jacques Le Goff . Spécialiste du Moyen Âge et de la Renaissance , l'auteure de L'Image de l'amour charnel au Moyen Âge s'inscrit dans l'héritage de cet "autre Moyen Âge" , celui des découvertes de L'Imaginaire médiéval .
Si la question de l’ "amour" a été déjà bien balisée , celle de l’image de l’amour charnel est plus originale. L’accent est effectivement mis ici sur l’image au sens d’imaginaire mental mais aussi et surtout sur l’image comme projection concrète, visuelle, plastique, et de ce fait délicate : les clichés touchant à l’érotisme médiéval ne sont-ils pas des plus coriaces dans nos représentations d’hommes du XXIe siècle ? Entre la lubricité effrénée et l'ascèse exigée par une Église castratrice que l’on prête généralement au sexe au Moyen Âge dans les productions modernes plus ou moins frelatées, il était sans doute temps d'opérer une mise au point sur l’amour et ses pratiques en allant traquer les plus infimes détails dans la représentation du corps humain notamment .
À partir d’un corpus varié constitué de 78 œuvres, Florence Colin-Goguel décape tout en finesse le vernis épais de nos préjugés assurément prudes : le Moyen Âge est ainsi présenté comme un âge lumineux de la "liberté sexuelle" : une sorte d'âge d'or du sexe et de la gauloiserie, où fabliaux, farces, carnavals et fêtes des fous imaginent des bacchanales charnelles ignorées ou censurées - il faut bien le dire - dans le monde contemporain, même si sa facette dysphorique peut aussi illustrer l’image d’un âge de plomb où la sexualité est cette fois-ci contenue, traquée et codifiée à l’extrême.
L’amour au Moyen Âge
Dans une introduction efficace, Michel Pastoureau envisage à juste titre les multiples acceptions du terme "amour" pour délimiter par la suite les contours précis de l’objet étudié. À un premier niveau, il distingue ainsi la "libido" (passion violente, charnelle, sexuelle) de la "luxuria" (assouvissement de la chair dans les plaisirs qui lui sont propres) ; de manière plus abstraite, la "caritas" (amour chrétien, fraternel, l’amour ultime de Dieu pour les hommes et réciproquement) constitue le versant religieux de la "pietas", au sens de piété filiale et d'amour inscrit dans la sphère familiale ou de la "dilectio", "sentiment d'amitié qui unit des égaux ou des proches".
5 commentaires
Slex
Pourquoi alors aventuriez vous sur un terrain boueux et que vous ne connaissez assez?
Le modèle et l'approche que vous avez utilisé n'est pas parfais. La femme n'est pas non plus au centre de toutes les cultures. Le malheur des femmes n'est qu'un maillon dans toute une chaine de malheurs. Vous croyez que le centre d'interêt des religions c'est la soumission des femmes? Non Monsieur ou madame.
Loin des cultutres et des religions, c'est les femmes qui sont les premières victimes des viol (ences) en cas de désordre ou de guerres. Dans ces conditions, c'est les lois du plus fort qui regnent.
Il ne faut pas faire le raprochement entre l'inquisition et les croisades. La première c'est interne à l'église et ses sujets; le seconde c'est une guerre.
Bon, vous avez annoncé plusiuers titres: Pakistan, Palestine, ....; sans aucun fond; que normalement il ne faut pas mettre la charette devant les beux,.
Bref, pour votre information, l'Islam est vide de tout vos avancements. Vos impressions et expériences personnelles ne constituent pas des données objectives pour apporter n'importe quel jugement.
Revenez vers des académiciens pour trouver les lectures objectives.
Et encore une fois l'Islamn est innocent de votre parallélisme au point que les musulmans avant un rapport sexuel doivent annocer que c'est au nom d'Allah; car c'est un acte sacré.
manjacostel
Vous avez parfaitement raison Slex. Je n'ai pas le niveau pour aborder ce sujet avec la competence de l'auteure de l'article, et je ne connais pas grand chose à l'Islam. Mais je veux dire pour ma défense que moi j'en suis conscient. Et puis n'est-ce pas là la grande conquête du NET? lire des érudits et tenter de les comprendre.
Je m'étais donc permis à la suite de la lecture du livre de madame Paterson de faire un parallèle avec le résumé de MCR, du livre de Mme Colin Goghel. J'essayais donc de faire partager ma surprise concernant les violences faites aux femmes par l'église, et dans les jugements rendus par les cours ecclesastiques(autorisation de battre sa femme par exemple, ) . Car je les croyais, naïvement, beaucoup plus libres au temps de l'amour courtois, hors il se trouve que je me "trompais" lourdement. Je m'étonnai , et m'étonne encore de constater au travers de mes notions simplistes , la force de la misogynie des religions monotheistes, qui se battent depuis 1300 ans pour la domination des esprits .
Je m'en remets donc à vous Slex pour m'éclairer , sur la liberté incroyable de la femme islamique , (vitriolage en Palestine au nom de l'honneur perdu du clan, ou la destruction des écoles pour les fillettes au Pakistan, ) au hasard.
Mais j'en ai autant sous le coude au sujet de la religion catholique (l'inquisition c'était pas mal quand même, les croisades hein? C'était pire , d'accord) Simplement pour constater que les femmes n'ont pas le beau rôle, encore moins au moyen âge . Histoire de vous conforter quand à mon niveau culturel , je voudrai ajouter que les religions sont à l'origine de la plupart des guerres, massacres que l'histoire tente de nous montrer sous un jour glorieux. Et que lesdites religions devraient être considérées en fonction de leur attitude envers les femmes , l'esclavage , les guerres , massacres, la colonisation de peuples et leur conversion forcée à une autre religion .
En fait elles echouent depuis 2000 ans dans la mission qu'elles se proposent.
Je maintiens (ou j'ai bien peur) que l'Islam , qui a commencé avec un peu de retard sa tentative de conquête mondiale, ce ne soit pas un hasard, s'il retrouve les mêmes mecanismes de domination de la femme.
La femme serait le clé de l'emprise sur les esprits? Juste une impression...
Mais je ne suis pas assez "savant" pour le justifier plus avant.
Cependant le miracle du NET ...
Slex
Votre dérnier jugement sur l'Islam révéle d'abord votre ignorance flagrante de ce dérnier; et ensuite met en évidence la dérision de vos connaissances et jugements sur le sujet en question.
MCR
Il serait effectivement judicieux que notre Occident judéo-chrétien interroge frontalement la responsabilité de l'Eglise dans nos représentations à l'égard de la femme, ainsi que celle du discours des religions monothéistes plus largement, il me semble. j'ajouterai enfin que le parallèle qu'esquisse l'auteure de "l'image de l'amour charnel" avec l'antiquité d'une part et les autres religions (vaste panel) mérite vraiment de s'y attarder.
manjacostel
Je suis très tenté par ce livre . Je viens de terminer un livre qui s'intitule , le monde des troubadours, de Linda Paterson qui aborde les différences qui pouvaient exister entre le nord d'oil, et le sud d'oc, sur tous les sujets à commencer par celui de la femme, de la noblesse , de l'acouchement , des enfants, des tournois , des liens de vassalité etc... .
Au chapitre des femmes , elle relève que celles ci , surtout quand elles étaient issues d'une haute lignée, pouvaient manifester leur désir et une certaine indépendance.
Il existait des droits pour les femmes, (dans les Pyrénées) qui n'ont été recouvrés (héritage par exemple) que récemment.
La femme est soumise à la pression écclesiastique, et l'homme dès lors qu'il ne maintient pas cet assujétissement est lui même victime de brimades. Le cocu était contraint de sévir, sinon il courrait le risque d'un charivari , voire " d'être exhibé dans la ville par le bout de ses génitoires.
Tout ce que j'ai pu lire sur le sujet , me confirme , que l'état de celibat de l'église romaine aboutit à une crispation inouie au sujet des femmes. On se demande ce qu'elles pouvaient bien leur dire nos pêcheresses dans le silence des confessionals, à ces prêtres hirsutes en odeur de sainteté, pour qu'ils deviennent des fous de machisme . "Jamais on n' a vu un chat déborder" . A moins que ce ne fût l'esprit du confesseur qui soit devenu comme un fruit pourri, sec et rance, plein de pourriture?
Je crois qu'un jour on se penchera sur le rôle prépondérant, de la papauté dans l'effacement des sources, pour s'apercevoir, que tous les princes de l'eglise et tous les batards qu'ils ont pu engendrer , résultent de l'impossibilité à assumer cette promesse de célibat. Dont la femme ne finit pas de payer le prix, encore aujourd'hui.
A la lecture de votre présentation je me promets d'acquérir ce livre .... quand il aura un peu...... baissé.
Il me semble donc que le titre n'est pas "l'amour charnel" mais l "action de l'église sur l'amour charnel"
Et que l'islam a exercé et exerce les mêmes pressions et que ce n'est pas un hasard....