On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Il y a deux ans, Guy Birenbaum se présentait comme un "blogueur en déroute, éditeur à la rue, universitaire en disponibilité" . Mais l'animal a repris du poil de la bête et sort un livre qui devrait connaître un joli succès en librairie. Son précédent bouquin, Nos délits d'initiés. Mes soupçons de citoyen (Stock, 2003), s'est vendu à plus de 70 000 exemplaires.
Le cabinet noir connaitra-t-il un tel succès ? On peut en douter, car les révélations sont moins croustillantes pour le grand public. On peut le penser, car Guy Birenbaum a désormais une belle notoriété... Et un plan médias réglé comme du papier à musique : teasing sur son blog Plage privée de Guy Birenbaum, mise en ligne du site web La rumeur de la ville, création d'un compte Facebook , nombreux passages dans la presse...
L'éditeur-chroniqueur gouailleur connaît son job, et charité bien ordonnée commence par soi-même. Après avoir fait des coups médiatiques en publiant des livres aussi retentissants que celui du juge Éric Halphen , d'Arnaud Montebourg ou de Claude Ribbe , il fallait lever un gros lièvre pour jeter un pavé dans la mare. L'actualité lui aura servi de complice bienveillante.
L'égout des autres
La nature aimant les clins d'œil, c'est un succès littéraire qui permet à Guy Birenbaum d'en engendrer un autre : l'œuvre désormais fameuse du commissaire Yves Bertrand ! Quoique dépourvu de titre, cet "ouvrage" de 2000 pages a bénéficié de nombreuses recensions, dont la plus amusante fut sans doute celle de François Reynaert dans le Nouvel Observateur .
En substance, les cahiers de celui qui dirigea les Renseignements généraux pendant une douzaine d'années sont un condensé d'informations réelles ou inventées, parfois farfelues ou inutiles, sur la vie des hommes politiques. On y apprendrait par exemple que Lionel Jospin "aurait acheté un pantalon rose" dans les années 70 .
Mais le tourbillon médiatique de l'affaire "Clearstream" offre une occasion en or à Guy Birenbaum, qui avait renoncé à ce projet deux ans plus tôt. Raconter par le menu comment Yves Bertrand intoxiquait éditeurs et journalistes pour le service du "clan" Chirac. Objectifs : liquider les adversaires personnels et politiques du gang de Corrèze. À savoir Lionel Jospin en son temps, puis Nicolas Sarkozy...
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la rédaction
Cordialement
Nanoo
BOAZ
La Rédaction
Paulo