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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On parle souvent des victimes directes des printemps arabes mais rarement des 2000 morts migrants, tués par non-assistance à personne en danger qui, abandonnés par l’Europe, se sont échoués dans des conditions épouvantables. L’Union européenne a fait des printemps arabes une tragédie qui a été celle des migrants tragiquement noyés, dont les oppresseurs ne sont ni Moubarak, ni Ben Ali mais les responsables européens.

Bertrand Badie, sur nonfiction.fr, le 31 janvier 2012. 

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Dans le sens
[lundi 05 janvier 2009 - 18:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Vivre le sens
Centre Roland Barthes
Éditeur : Seuil
182 pages / 19 € sur
Résumé : Cinq interventions autour de la question du sens, entre écriture, visions personnelles et approches théoriques. Un beau mélange de réflexions contemporaines.
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Après Le Plaisir des formes (2003), Donner à penser (2005), et Le Corps, le sens (2007), le Centre Roland Barthes  publie les conférences de l’année 2004, suivies de réflexions entre les chercheurs et le public. Celui qui cherche ici un lien particulier avec Roland Barthes sera surpris : les intervenants parlent un peu de littérature et très peu de Barthes, ni même (à quelques exceptions près) ne "dialoguent" avec lui ; Barthes y est plutôt représenté dans son aura protectrice, comme l’égide bienveillante d’une certaine forme de pensée du décalage, et surtout comme le penseur aux multiples objets. Les intervenants, chercheurs reconnus, ont chacun leur fer de lance – l’histoire pour Carlo Ginzburg, l’histoire de l’art pour Marie-José Mondzain, la poésie pour Michel Deguy, la linguistique pour Antoine Culioli et la philosophie pour Georges Didi-Huberman – mais ont en commun cette volonté de faire entrer dans leurs disciplines des réflexions, des influences empruntées à l’ailleurs pour mieux parasiter et décentrer le regard. Le Centre Roland Barthes a bien pour objet et pour sujet de pensée les sciences humaines, n’oubliant pas le côté humain dans l’affaire des sciences.

Il y a une seconde surprise pour le lecteur de Vivre le sens : dans les interventions, la question du sens attendue tant à un niveau général ("que pouvons-nous comprendre ?") que disciplinaire ("la question du sens dans la représentation picturale du Moyen Âge" telle qu’aurait pu la traiter par exemple Marie-José Mondzain dans son intervention) n’est jamais évoquée directement. Le mot "sens" lui-même est fort peu usité. Néanmoins, le titre du recueil n’est pas mensonger. Car il s’agit bien ici de Vivre le sens, et nous avons affaire non pas à une étude du sens, mais plutôt à des recherches qui s’attachent à questionner nos visions et pointer du doigt ce que nous ne pouvons pas voir, puisque nous y adhérons. Ce sens n’est pas un sens extérieur à nous, interrogé comme un astre lointain, mais bien un sens intérieur, une construction culturelle à travers laquelle nous faisons l’expérience sensible de la pensée, des psychismes, de l’usage des mots, de l’émotion. Ce sens nous traverse, il est bien ce produit de l’histoire dont parle Barthes , et en nous cette pneuma, ce souffle dont parle Francis Marmande dans sa préface, en reconnaissant aux penseurs et aux musiciens cet art du "souffle circulaire» : "Souffler pendant qu’on continue d’inspirer pour que l’émission du son ne cesse jamais." 

Titre du livre : Vivre le sens
Auteur : Centre Roland Barthes
Éditeur : Seuil
Collection : Fiction & Cie
Date de publication : 06/11/08
N° ISBN : 2020981793
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1 commentaire

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victor yerly

20/11/10 15:36
Quelque chose de profondément stupide : de l’origine d’un malentendu.
Nous survolions debout dans un supermarché culturel un ouvrage présenté en tête de gondole et présentant les fragments de poésies et d’écrits de mademoiselle marylin Monroe et de ne parvenir à nous empêcher d’y voir l’aspect grotesque de l’entreprise. Loin de n’y trouver les textes (rien que les textes) afin de nous y confronter, nous y trouvions des photographies avec des légendes telles que « Marylin regardant une statue de Degas », ou « Marylin lisant Tolstoï » ou « Marylin lisant Joyce » que nous trouvions pour le moins ambigüe (nous ne souvenons pas avoir vu des légendes comme « Camus lisant Tolstoï » ou « Louis Jouvet regardant une statue de Degas » ou « Marguerite Duras lisant Joyce » mais il se peut que nous nous trompions). Nous y trouvions également les photographies des écritures manuscrites avec tous les détails (« écrit sur le papier toilette de l’hotel Hilton », etc..), détails qui en règle général n’intéressent que les fétichistes et/ou les chercheurs, rarement les lecteurs d’une première édition de textes (rien que les textes) . Bref, tout cet appareil nullement critique nous semblait destiné soit à noyer le poisson de l’inintérêt des textes (les textes rien que les textes) soit à promouvoir un joli objet indigeste cadeau de noël "çà fait toujours plaisir".
Puis nous imaginâmes la parution des cahiers de Rocco Zifredi avec quelques photos légendées ( Rocco Ziffredi regardant une statue de Rodin, Rocco Ziffredi regardant une piéta, Rocco Ziffredi lisant saint Augustin) et photos des manuscrits et détails (« écrits sur le dos d’une boite de préservatif XXL »), etc… et les commentaires communs « tu sais , cet homme n’était pas qu’une bite » : « ah, bon, parce que vous en doutiez ? » . Bref quelqu’un pourrait-il nous indiquer quel est le rapport de ce genre d’entreprise avec la littérature ou la poésie (« les textes, rien que les textes » « Ouais bon, tais-toi un peu marguerite D. s't'plaît, tu nous fatigues un peu, là. nous avons bien compris le message "les textes rien que les textes". ») ?
Ceci dit nous n’avons eu le temps que de survoler les textes ( rien que les textes) et il est fort possible que l’intérêt des textes (rien que les textes) nous aient échappé. Poil au nez
http://manuelleyerly.blogspot.com/

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