On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Désormais secrétaire national à l’Europe et aux Relations internationales, Jean-Christophe Cambadélis est un personnage qui ne laisse pas indifférent. On dit de lui qu’il est venu adhérer au PS avec Le Capital dans une main et une barre de fer dans l'autre. Tout un programme... Cet homme de culture et d'histoire est désormais désireux de se (re)construire une légitimité de penseur pour passer du statut d'apparatchik à celui de force de proposition. Il se fend donc d'un ouvrage historique pour répondre à une question bien légitime : comment la gauche a-t-elle pu en arriver là ?
Certes, Cambadélis n'est pas Chateaubriand , mais il n'en a pas non plus l'ambition. Le Génie du Socialisme (Plon) n'a pas vraiment d'autre prétention que de présenter une histoire vulgarisée de la gauche. Car pour les militants politiques, l'Histoire démontre les champs du possible, elle est un carburant pour l'action. Point donc d'encyclopédie savante accumulant les concepts, quitte à décevoir les érudits. On pourrait d'ailleurs reprocher à l'auteur de faire un survol trop rapide, mais avouons que c'est une excellente mise en bouche pour les néophytes, voire un manuel utile pour les militants qui connaissent mieux les turpitudes actuelles de leur parti que son glorieux passé.
Un style surprenant, un propos amusant
Le principal défaut de ce livre n'est pas le fond, au demeurant intéressant, mais bien le style. Manifestement écrit à la va-vite ou relu dans l'urgence, Le Génie du Socialisme accumule les approximations, comme lorsqu'il situe le second septennat de Mitterrand en 1989 au lieu de 1988 ou qu'il annonce la création de 35 000 emplois-jeunes au lieu de 350 000 . Les clichés consistant à décrire le PS comme un "grand corps malade" ne sont pas non plus du meilleur effet, mais parlent à tous.
Plus amusant, le député de Paris n'hésite pas à faire des commentaires un peu "people" sur les acteurs de son histoire, et il ne rechigne pas à l'emploi d'images d'Épinal comme lorsqu'il parle de l'élection présidentielle de 1981 : "Le lendemain, dans toutes les écoles, les chantiers, les usines et les entreprises, on a le verre à la main, le sourire aux lèvres, l'union de la gauche a gagné." À côté de ça, il ne consacre que six lignes à la campagne présidentielle "improvisée" de Ségolène Royal et guère plus aux déchirements du PS en 2005 au sujet du référendum européen.
On s'amusera aussi de la dénonciation des socialistes obsédés par la "technique de conquête du pouvoir" et le "tacticisme électoral". Car le moins que l'on puisse dire, c'est que l'artisan de l'alliance des fabiusiens et strauss-kahniens derrière Martine Aubry en 2008 en connaît un rayon sur les tactiques de couloirs et les manœuvres d'appareil. L'hôpital qui se moque de la charité est une figure redondante des essais politiques du XXIe siècle...
3 commentaires
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PvJpDRmHXxO
zeck
Il est vrai que celui de Christophe Cambadélis qui n'est en fait ni surprenant ni amusant, même s'il prête à rire, ne donne peut-être pas envie de lire sa pensée de penseur pensant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Christophe_Cambad%C3%A9lis