On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Quand la Révolution française s’est-elle achevée ? Si les dates retenues dans les manuels scolaires sont traditionnellement celle de 1789 et celle de 1799 , les histoires de la Révolution française adoptent une chronologie des plus variées. Au XIXe siècle Jules Michelet choisit dans sa magistrale Histoire de la Révolution d’arrêter cette dernière à la chute de Robespierre et ce parti est repris au XXe siècle par Albert Mathiez. Plus récemment François Furet a préféré à ces "versions brèves" de la Révolution retracer une "version longue, étalée sur plus de cent ans, entre Turgot et Gambetta" . Dans Politiques de la Révolution française Bronislaw Baczko adopte une voie moyenne. L’ouvrage commence en 1789, lorsque Sieyès publie son pamphlet Qu’est-ce que le Tiers État ? et se termine au début du Consulat, alors que Bonaparte, désormais premier consul, songe à transformer son image de général victorieux, protecteur de la République, en celle d’un monarque régnant héréditairement sur la France.
La Révolution française ou l’interminable lutte entre révolution et démocratie
Le livre de Bronislaw Baczko n’est nullement un récit traditionnel de la Révolution française. Certains des évènements majeurs de la Révolution ne sont pas évoqués : ainsi l’auteur ne s’attarde guère sur la prise de la Bastille, la chute de la monarchie en septembre 1792, la Terreur ou le 18 Brumaire. Car le but de l’auteur est de montrer comment une contradiction existe dès le début de la Révolution entre la nécessité d’instaurer des institutions démocratiques et les passions révolutionnaires, émanant d’un peuple dont les attentes ne sont jamais pleinement prises en compte par les élites politiques. La Révolution de 1789 met au goût du jour deux concepts, celui de Révolution et celui de Démocratie, mais ces deux concepts malgré leur date de naissance commune, ne tardent pas à entrer en conflit : la Révolution peine à installer la démocratie en France et les passions révolutionnaires menacent bien souvent d’emporter les fondements même d’une démocratie encore chancelante. Les gouvernements révolutionnaires successifs sont donc tous confrontés à un problème similaire : comment terminer la Révolution en installant durablement en France des institutions démocratiques ?
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