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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

C’est avec un opus dense et destiné à un public averti en matière européenne que Jean-Louis Quermonne a voulu décrire sa vision de l’état de la construction européenne au moment où le Traité de Lisbonne est soumis à ratification. Une synthèse dont le temps est le fil rouge : il s’agit de replacer l’aventure européenne dans un schéma temporel qui permettrait, selon Jean-Louis Quermonne, de l’appréhender et de la diriger plus justement.
Une idée de l’Europe et de son Union
Le temps long pour Jean-Louis Quermonne, c’est d’abord revenir sur ce qui a fait la construction européenne. Soulignant le caractère fondateur de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950 en la qualifiant de "révolution diplomatique", il opère une synthèse historique réussie des avancées et des crises qui ont marqué cinq décennies. Il souligne en particulier l’importance, bien au-delà du symbolique, des élargissements de 2004 et 2007, qui n’ont pas consacré la réduction de l’Union européenne à un simple marché unique, mais lui ont permis d’atteindre la "taille critique" nécessaire à la crédibilité de sa puissance politique. À ce sujet, Jean-Louis Quermonne rappelle que leur interprétation court termiste, nationale et populiste a largement contribué au rejet du projet de Constitution européenne par la France et les Pays-Bas, rejet qui a laissé inachevée une refondation politique partiellement entamée à Maastricht en 1992.
En conséquence, une des leçons à tirer de l’ouvrage est que l’Union européenne doit être considérée sur la base de ce qui fait sa spécificité. Face à toute autre coopération entre États-nations, elle propose une citoyenneté, des politiques communes et une méthode communautaire. L’histoire et la géographie participant mais ne suffisant pas à la définir, il faut considérer les valeurs que partagent ses membres, et en particulier le respect de la vie humaine. Non qu’il faille inclure quiconque les respecte, prévient Jean-Louis Quermonne ; mais l’identité et les valeurs de l’Union européenne doivent guider les choix d’élargissement. Cependant, se confinant à exclure des possibilités d’adhésion la Russie, le Moyen-Orient et le Maghreb, Jean-Louis Quermonne ne prend pas position sur la question de pays tels que la Turquie ou l’Ukraine. L’identité et les valeurs de l’Union permettront également de réussir l’intégration des douze nouveaux États membres. Or dans cette optique, la disparition des symboles dans le Traité de Lisbonne (hymne, drapeau, ministre, lois) n’est pas de bon augure. Ce à quoi on pourra toujours objecter que disparaissent là des symboles typiques des États-nations.
Un modèle politique inédit et inachevé
Car le temps long, c’est également accepter l’Union européenne comme un modèle en construction, un projet politique nouveau et inachevé : se demander ce qu’est l’Union europenne n’est pas aussi crucial que se demander ce qu’elle sera. Rejetant toute tentative d’analyser le système politique communautaire à partir des modèles établis pour les États-nations (ni confédération ni État fédéral, ni consensus technocratique ni polarisation politique extrême,…), Jean-Louis Quermonne analyse les potentialités de Lisbonne et avance un certain nombre de propositions pour le futur.
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