On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

"Certes, il y a deux façons de distinguer les écrivains, deux multipliées à l’infini à partir de la distinction que l’on établit entre bons et mauvais.
'Moi' j’établis entre eux la distinction suivante. Ceux qui, en les lisant, me font penser : 'Voilà, c’est tout à fait vrai' et me donnent la confirmation de la manière dont je sais qu’en général cela se passe dans la vie.
Et ceux qui me font penser 'Pardieu, je n’avais jamais supposé qu’il pût en être ainsi', et par là me révèlent un nouveau, particulier 'comment cela-se-passe' dans la vie."
Il resterait à ajouter un troisième cas, sans doute le plus répandu : ces écrivains qu’on lit en pensant : "certes, mais… et alors ?" Hé bien, c’est cela que peut ressentir le lecteur des Laboratoires du temps.
Achevant cette recension, par honnêteté et plus encore tourmenté par le sentiment que j’ai pu me tromper, je cherche à lire ce qu’on a écrit ici ou là sur Les Laboratoires du temps. Sur le site de Galaade, je tombe sur des citations logiquement élogieuses, tirées d’articles parus dans des revues toutes plus prestigieuses et informées les unes que les autres : dans les Cahiers du cinéma, on évoque "une ubiquité proprement panique qui fait la force de ce recueil édité avec une invention graphique admirable" ; de leur côté, les Inrockuptibles parlent d’un "passionnant volume". Soit. Je ne demande qu’à être contredit, car autant de personnes de valeur ne sauraient s’être ainsi trompées, en masse. Simplement, j’aimerais qu’on m’explique![]()
1 commentaire
Nerval
Et Fleischer est un immense photographe. Je viens de voir "La Nuit des images", il y a des choses formidables au Fresnoy.