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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
De l'Amérique dans le monde post-américain
[mercredi 17 décembre 2008 - 05:00]
Amérique du Nord
Couverture ouvrage
The Post-American World
Fareed Zakaria
Éditeur : W. W. Norton
288 pages / 22,68 € sur
Résumé : Le livre de chevet d'Obama qui parle du leadership américain dans notre futur post-américain.
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* Notre photo : Barack Obama photographié à son arrivée durant la campagne présidentielle en train de lire l'ouvrage de Fareed Zakaria, The Post-American World. Cette photo a suscité un large débat dans la presse américaine (Photo originale, inédite en France).

 

 

Fareed Zakaria, talentueux éditorialiste de Newsweek International et déjà essayiste à succès (The Future of Freedom, Norton & Co, 2007), livre dans The post-American World (Norton & Co) une vision du monde qui vient. Écrit avant la crise, ouvrage dont le lecteur le plus célèbre est peut-être le Citizen Obama en campagne et bras de chemise, c’est déjà un indémodable, un témoignage de la conscience d’une période charnière.

Après-crise ou pas, The post-American World procède d’un souffle qui repose sur trois piliers. Une lecture ample de l’histoire, un point de rencontre souvent précis entre ce qu’est la politique, l’économie et la culture, enfin l’intelligence d’une ambiguïté des termes. Ce "post" est tout sauf la césure d’un après ; ce livre ne parle pas d’une Amérique en déclin, loin s’en faut. Il dépeint, après la "montée de l’Occident" ou de "l’Ouest" ("the rise of the West"), un thème déjà popularisé dans la littérature anglo-saxonne : la montée du "reste" ("the rise of the Rest"). Son apport est d’en tirer le paradoxe suivant : l’essor de "tout le reste" n’est pas le déclin de l’Amérique, la modernité à venir "non-occidentale" restera marquée par l’histoire de l’Occident qui l’a mise en place, le "lieu" Amérique sera sans doute l’un des creusets les plus actifs de ce nouveau monde. C’est en tout cas l’ambition qu’il souhaite à ce pays : dépasser et prolonger sa mission de globalisateur du monde en un destin de pays qui sera global ou ne sera plus.

Le monde post-américain de Fareed Zakaria est conjonctif, sera un monde largement d’après l’Amérique, comme la théorie post-coloniale ou la post-modernité se nourrissent de leurs bases historiques plus qu’elles ne les oblitèrent. Notre auteur, né à Bombay dans un monde alors post-colonial anglais, qui décrit sa fascination pour une Amérique dans laquelle il a réussi au-delà de tout espoir, ne liquide pas l’Amérique mais plutôt veut lui prédire un destin continué par les élites globales qu’elle y accueille et y forme. Ce post est sans doute la subtilité de l’argument qui fait en filigrane la force de l’ouvrage, qui en tout cas pose une thèse du monde américain très fertile, même si ici et là la thèse souffre quelques approximations… et l’hypothèse finale n’est rien moins qu’un optimisme avoué. Un livre, d’écriture souple cela va sans dire, certes à débattre, mais un livre à d’abord saisir dans son ampleur. Thèse et hypothèse, revue de détail.

Simplement découpé en sept chapitres, il faut en réalité voir trois temps dans cet ouvrage. Qu’on nous permette de les appeler ici respectivement le temps du monde, le temps des dés-alignements, le temps de la (post)-Amérique.

 

Le temps du monde

Le monde de 2008 demeure fasciné par les chiffres économiques et plus encore commerciaux. Après un premier chapitre en courte scansion des "plus grands" et "premiers" du monde (centres commerciaux, fortune, casino, centre financier, industrie cinématographique en nombres de film, etc.), qui ainsi choisis ont tous récemment déserté l’Amérique, Fareed Zakaria expose dans les chapitres 2 et 3 une genèse des caractéristiques essentielles, économiques et culturelles, du monde moderne tel que nous l’avons connu, c’est-à-dire occidental, et de sa contestation contemporaine par le reste du monde. La Chine et l’Inde – puisque c’est d’elles qu’il s’agit, ces chapitres les nomment – n’ont d’abord historiquement pas connu selon Zakaria de modernités alternatives. Premier temps, la modernité y a fait irruption avec éclat fracas, souvent avec dégâts mais toujours de manière irrémédiable, avec l’Occident.

 

Titre du livre : The Post-American World
Auteur : Fareed Zakaria
Éditeur : W. W. Norton
Date de publication : 23/05/08
N° ISBN : 039306235X
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1 commentaire

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sol invictus

29/12/08 01:15
quelle est la place de l europe dans tout ça?bien modeste pour ne pas dire inexistante.Quand enfin allons nous prendre conscience que seule l Europe puissance l Europe Empire en partenariat etroit avec la Russie peut nous permettre de ne pas devenir un tiers monde occidental.Nous n avons rien a esperer d Obama pas plus qu hier de Busch.Allons nous enfin nous reveiller.

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