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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Rattrapé par la politique
[jeudi 11 décembre 2008 - 09:00]
Union Européenne
Couverture ouvrage
37 Quai d'Orsay. Mémoires pour aujourd'hui et pour demain
Jean François-Poncet
Éditeur : Odile Jacob
284 pages / 21,85 € sur
Résumé : Les mémoires d'un ancien diplomate et homme politique fortement engagé en faveur de la construction européenne, dans la décennie 1970.
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Avec 37 Quai d'Orsay? Mémoires pour aujourd'hui et pour demain, Jean François-Poncet nous livre ses mémoires d'ancien diplomate et homme politique important de la décennie 1970, en revenant notamment sur son engagement européen.

À sa sortie de l'ENA, Jean François-Poncet choisit la carrière diplomatique plutôt que le Conseil d'État ou l'Inspection des Finances. Son père, André François-Poncet est ambassadeur à Berlin de 1931 à 1938, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il assiste à l'ascension d'Hitler sans que les nombreux avertissements qu'il adresse à Paris soient entendus. Au sortir de la guerre, il est nommé à Bonn (1949 à 1956) où il jouera un rôle important dans la réconciliation allemande qu'encourage dans un premier temps la mise en place de la Communauté européen du Charbon et de l’Acier.

Ses souvenirs d'enfance ("les défilés militaires, les parades viriles, les manifestations ferventes" devant l'ambassade) et la tradition familiale marqueront durablement Jean François-Poncet ; l'attachement à l'axe franco-allemand ainsi qu'à la construction européenne seront constants au fil de sa carrière.

Arrivé au Quai d'Orsay, en 1953, en tant que secrétaire d'ambassade, directeur adjoint de cabinet du secrétaire d'État aux Affaires étrangères Maurice Faure, puis secrétaire général de la délégation française qui participa à la négociation des traités du Marché commun, le 25 mars 1957, Jean François-Poncet ne partage pas la vision européenne du général de Gaulle et souffre du devoir de réserve qui s'applique aux fonctionnaires. Son indépendance d'esprit mais aussi son goût du politique en feront, selon ses mots, "un mouton noir".

"Il n'était pas dans les mœurs administratives de l'époque, écrit-il, qu'un haut fonctionnaire exprime ses positions politiques, en particulier lorsque celles-ci différaient du discours officiel du Quai d'Orsay". Des propos confirmés par Samy Cohen : "un diplomate récalcitrant est vite repéré et orienté vers une voie de garage." 

Il sera envoyé à Rabat au Maroc par Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères, puis en Iran loin des batailles politiques. Il reviendra cependant au Quai d’Orsay, après une incursion de cinq années dans le secteur privé, en tant que secrétaire d'État aux Affaires étrangères sous Valéry Giscard d'Estaing en 1976. "La perspective de retrouver le quai d'Orsay que j'avais quitté en brebis galeuse, d'y retourner par la grande porte était difficile à résister", avoue-t-il. Et puis, il y avait l'attrait de Europe ; l'Europe politique qui restait à construire". Pourtant, c'est surtout le dossier de l'indépendance du territoire français des Afars et des Issas, autrement appelé Djibouti qu'il aura à gérer. Un épisode moins connu des indépendances que Jean François-Poncet relate agréablement.

En 1978, Valérie Giscard d'Estaing en fait son secrétaire général de l'Élysée. Pourquoi lui ? La volonté de donner un nouvel élan à la construction européenne ne semble pas étrangère à cette nomination. Son positionnement au centre-gauche non plus : le président souhaitait s'ouvrir de ce côté de l'échiquier politique.

La fonction de secrétaire général lui procure une certaine influence : "on l'interrogeait, on l'écoutait". Il était celui qui relayait les instructions du président et à qui on adressait les messages à faire passer. Un personne de confiance. Un rôle  comparable à celui qu'exerce aujourd'hui Jean-David Levitte. C'est finalement à ce poste que Jean François-Poncet aura réellement le sentiment d'avoir une emprise sur la politique étrangère de l'époque. Il sera nommé ministre des Affaires étrangères de 1978 à 1981, et raconte avec saveur et pédagogie les grands évènements qui ont laissé leur empreinte (l'invasion soviétique en Afghanistan, l'installation d'une république islamique à Téhéran en 1979...) avec la volonté manifeste de défendre le bilan de Valérie Giscard d'Estaing.

 

Titre du livre : 37 Quai d'Orsay. Mémoires pour aujourd'hui et pour demain
Auteur : Jean François-Poncet
Éditeur : Odile Jacob
Date de publication : 04/09/08
N° ISBN : 273812187X
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