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Directeur général de Mister Ecologie

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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La démocratie nécessaire à l'écologie
[lundi 08 décembre 2008 - 19:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
La Nouvelle Écologie politique. Économie et développement humain
Jean-Paul Fitoussi, Éloi Laurent
Éditeur : Seuil/République des idées
117 pages / 10,93 € sur
Résumé : La démocratie n’est pas nécessaire pour la croissance économique mais indispensable pour l’écologie politique.
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L’écologie politique est-elle compatible avec une croissance soutenue ? Requiert-elle la démocratie pour éclore ? Jean Paul Fitoussi et Eloi Laurent se lancent avec cet ouvrage dans une réflexion sur les conditions nécessaires à la prise de conscience écologique.


La décroissance n’est pas la solution

Au vu des résultats de plusieurs études économiques et sociales, la réponse est encore ambiguë. Pour cerner ce problème dans son ensemble, Jean Paul Fitoussi et Eloi Laurent analysent avant tout le rapport entre économie et nature. Que ce soit Malthus avec l’impact de la démographie, Ricardo avec la décroissance de la fertilité des terres ou Jevons avec la finitude des ressources énergétiques, les théories économiques classiques impliquent que les limites de la nature finiront par limiter la croissance économique. Les auteurs ne partagent pas le pessimisme de ces théories, étant convaincu que l’accroissement des connaissances et du progrès technique qui en découle permettent d'espérer une croissance infinie à long terme. La question qui reste en suspens est de savoir si cette progression des connaissances sera assez rapide pour gérer le changement climatique.

Les économistes ont maintenant pris le relais des climatologues dans le débat sur le réchauffement climatique pour estimer son impact économique. Sir Nicholas Stern, dans son rapport remis au gouvernement britannique en 2006, prévoyait par ses calculs une catastrophe économique en choisissant un taux d’escompte faible, affectant une grande importance au bien être des générations futures. William Nordhaus dans son dernier livre (A question of Balance : Weighing the Options on Global Warming Policies, Yale University Press) examine différentes perspectives avec des taux d’escomptes divers et donne un spectre de résultats plus large mais nous laisse aussi perplexe quant au choix à faire.

Doit-on se priver aujourd’hui pour le bien être des générations futures ? Toute une partie du livre semble dédiée à démontrer que la décroissance n’est pas une solution écologique viable, puisque que le développement économique sans précédent des cent dernières années a diminué la pauvreté mondiale : "La solution au problème écologique n’est donc pas la fin de la croissance des niveaux de vie mais la décroissance des inégalités."


Quel rôle pour la démocratie ?

Au-delà de la question de l'écologie, cet ouvrage tente de vérifier si la croissance et le développement nécessitent des conditions démocratiques pour être optimaux. Rien n'est moins sûr. Il semblerait qu’un leadership politique fort développant des infrastructures telles que le transport, l’éducation et la santé serait davantage un facteur clef.

Titre du livre : La Nouvelle Écologie politique. Économie et développement humain
Auteur : Jean-Paul Fitoussi, Éloi Laurent
Éditeur : Seuil/République des idées
Date de publication : 25/09/08
N° ISBN : 2020977192
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3 commentaires

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juliette jouanny

09/12/08 21:57
je suis entierement d accord avec vous ; l equilibre ecologique peut etre maitenu en suivant les principes de la democratie et d ailleurs je ne verrais pas pourquoi ; bravo pour l analyse des criteres determinents mais une autre question subbsiste, en serons nous capables, le feront nous vraiment avant de n atteindre le pire. N y aura t il pas dans ces prochaine année une troisieme guerre mondiale, une vraie , ou tout le monde se bat et qui n 'aurait rien à voir avec le terrorisme que nous qualifions aujourd'hui troisième guerre mondiale ?
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YR

09/12/08 14:34
Pour un autre regard également moins orienté sur l'articulation entre logiques écologiques et logiques économiques, voir aussi http://yannickrumpala.wordpress.com/2008/08/24/paru-en-2003/
et pour une réflexion sur la décroissance : http://yannickrumpala.wordpress.com/2008/09/01/questions-sur-la-decroissance/
L'ouvrage, même s'il est court, semble en effet ignorer la majeure partie des analyses qui ont avancé en dehors de la pensée économique.
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Un ange passe

09/12/08 09:59
L'ouvrage de JP Fitoussi n'est pas exempt de parti pris idéologique, d'incohérence ni d'excommunications.

C'est un ouvrage dans la droite lignée de l'idéologie du développement durable, en tant que concept indépassable et surtout incriticable pour nos chers penseurs médiatiques et faisant preuve d'un niveau de courage intellectuel proche de zéro.

Tout ce que dit Fitoussi nous est donné en pature depuis 10 ans.

Un exemple : l'idée d'une croissance infinie dans un monde fini est le parangon de la tartufferie de ce genre de réflexion. Et au passage il s'agit de faire des objecteurs de croissance de doux-dingues au mieux, ou des totalitaires verts au pire, ce que Fitoussi n'est pas loin de dire.
C'est vrai que le développement et la démocratie vont toujours main dans la main! Que Hitler était un décroissant et que nos démocraties actuelles ne sont pas près à tous les sacrifices sociaux pour gagner un dixième de point du Dieu PIB.

Un ouvrage à lire certes mais pour comprendre surtout l'état pitoyable de réflexion écologique en France parmi les "intellectuels".
La crise actuelle et la supposée croissance verte (sic) ne font qu'occulter le tsunami écologique qui nous guette...
La croissance économique est une religion et Fitoussi est un prêtre faussement dissident.

Cordialement.

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