Rédacteur

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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1421 (n’est pas Schliemann qui veut...)
[samedi 20 octobre 2007 - 20:00]
Histoire
Couverture ouvrage
1421, L'année où la Chine a découvert l'Amérique
Gavin Menzies
Éditeur : Intervalles
414 pages
Résumé :1421 traite l'histoire comme un roman. Et fait la part belle aux thèses chinoises nationalistes. A éviter.
Écrit en 2004 par Gavin Menzies, 1421 est un succès de librairie aux Etats-Unis. La thèse du livre est que les marins chinois auraient fait le tour du monde avant Magellan, découvert l’Amérique 70 ans avant Christophe Colomb et l’Australie 350 ans avant le capitaine Cook.

Le fait que les marins chinois aient construits de grandes flottes est quelque chose de connu. Entre 1405 et 1433, sept grandes expéditions maritimes ont été lancées par l’empereur Zhu Di sous la direction de l’amiral Zheng He, permettant à la Chine d’acquérir rapidement la domination de l’océan indien. La mort de l’empereur signa la fin de cette aventure et une bonne partie de la documentation les concernant fut détruite. 


Mais les voyages de Zheng He n’ont visiblement pas été perdus pour tout le monde, et surtout pas pour les amateurs d’ "alternative history" comme Gavin Menzies. 1421 n’est d’ailleurs pas un ouvrage universitaire et son style d’écriture relève plus du roman que de l’enquête historique.


Il est vrai que les mystères de la grande armada chinoise sont de nature à exciter l’imagination, mais c’était justement l’écueil à éviter. Au final, le seul et unique travail de Gavin Menzies consiste à enchaîner les “et si…” jusqu’à pouvoir présenter une hypothèse de nature à bouleverser la doctrine historique classique : “et si cette vieille carte chinoise était vraie”, “et si sa partie nord-ouest représentait la France”, “et si elle avait été dessinée par des navigateurs chinois”, “et si les chiens debouts peints par Jérôme Bosch étaient des kangourous”, “et si l’imprimerie sur bois avait été inventée à la suite de contacts avec les mêmes navigateurs chinois que ceux qui avaient inspirés Jérôme Boschn”… Une méthode qui l'amène au bord du ridicule, jusqu'à faire remarquer que "les Bretons du pays bigouden présentaient des traits asiatiques" !


Voilà donc un ouvrage d’autant plus navrant que ces questions correspondent à de vrais problèmes historiques. Mais le roman défendu par Gavin Menzies ne correspond finalement qu’à la projection fantasmée de la Chine d’aujourd’hui dans le passé. Il ne s’agit de rien d’autre que d’une instrumentalisation de l’histoire pour légitimer l’idée de l’existence d’un peuple chinois unique, universel et omnipotent.


En fait, les origines musulmanes du grand amiral Zheng He et des autres grands navigateurs chinois ne sont jamais analysées. De même, rien dans ce livre ne permet de séparer l’histoire de la propagande en expliquant comment des peuples aussi différents pouvaient être unis dans un territoire aussi vaste. En fin de compte, c'est un livre qui fait la part belle aux thèses chinoises nationalistes.


À éviter.

Titre du livre : 1421, L'année où la Chine a découvert l'Amérique
Auteur : Gavin Menzies
Éditeur : Intervalles
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7 commentaires

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tigre blanc

23/06/08 20:36
Parce que j'aime la mer (navigation à la voile) et parce que j'aime la Chine, j'ai aimé passionnément ce livre qui se lit comme une enquête policière. Le lecteur ne peut évidemment vérifier lui-même les preuves avancées par Menzies. Toutefois, lorsqu'on regarde, sur la couverture du livre, une minuscule caravelle aux côtés d'un "vaisseau-trésor" à neuf mats, on ne peut s'empêcher de penser que ce genre d'embarcation a évidemment dû servir à naviguer ...
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julientoulouse

05/06/08 02:48
mais qu'est ce que c'est que cette critique minable?
navrant? ridicule? en effet, cette critique est purement navrante et ridicule dont on peut se demander si l'auteur est avocat ou accusateur public
énoncez des arguments, des preuves, du solide monseigneur soufron
que je sache, en France l'accusation doit prouver la culpabilité de l'accusé
mais... avez vous seulement lu cet ouvrage?
ou peut être l'idée que le blanc européen n'est pas ce génie universel qui a tout découvert et est allé dans une mission civilisatrice sauver tous les sauvages de la Terre vous a repoussé
cela ne m'étonnerait pas, vu l'analyse ethnocentriste de la chine actuelle

la civilisation chinoise est la plus brillante de l'histoire, néannmoins aujourd'hui les dirigeants du pcus lui tourne le dos en résonnant de façon occidentale et capitaliste, ils sont incapables de se projeter dans le passé et ne revendiqueront jamais ce qu'a pu faire un empereur de crainte d'apparaître ridicule et de devoir rendre des comptes
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fablau49

09/02/08 12:56
Il est sûr que l'argumentation de Menzie est parfois ténue, mais l'auteur explique qu'il ne peut s'appesantir sur tous les détails sans étouffer un récit déjà très brouillon. Il n'est pas scientifique, mais ouvre des portes (déjà entrebaillées) à des recherches plus sérieuses. Pour ma part, son ouvrage m'a ouvert les yeux sur le point de vue tronquée de l'Histoire que l'on nous enseigne (européanocentriste).
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rectification

08/02/08 07:09
"Thèses chinoises nationalistes", je ne sais pas d'où vous sortez une telle affirmation mais désolé de vous contredire il n'y a aucun politique ou scientifique en Chine qui prennent les thèses de Menzies comme paroles d'Evangile. Les échos que j'en ai de mes relations chinoises seraient au pire un mépris total pour ce que rapporte l'auteur, au mieux un regard curieux. Sur un forum internet chinois, un étudiant disait en somme que peu importe si Zheng He ait découvert ou non l'Amérique en premier, ce qui compte c'est la Chine d'aujourd'hui. Il me semble que ce soit la pensée d'une grande majorité de Chinois.

La mentalité chinoise ne voue pas un culte pour le passé. Il suffit de voir les destructions massive des hutongs ou connaitre un minimum l'histoire de la Chine pour savoir que de multiple temple Céleste ont été détruits et reconstruit un nombre incalculable de fois sans aucun scrupule.
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panormo

29/01/08 22:15
Ce livre se lit comme un roman mais ce n'est pas un roman.L'auteur expose suffisament de preuves pour que nous soyons convaincu que Colomb n'était pas le premier.Monsieur Souffron par sa critique veut démontrer qu'en dehors de la science officielle il n'existe point de salut.
Bravo Monsieur Menzies.

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