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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

C’est au cœur d’une vaste farandole d’écrits et de pensées que Céline Lafontaine nous invite pour que chacun, au regard de ses propres réflexions sur la mort, puisse saisir ce qui se joue actuellement. La déconstruction biomédicale de la mort à laquelle nous assistons transforme celle-ci en un fait social "total". Elle est redéfinie, et cette redéfinition ne se fait pas seulement sur le plan biologique. La mort tend à ne plus être considérée comme une simple conséquence de la vieillesse, de la maladie ou de l’accident, mais comme un événement sur lequel, dans des proportions de plus en plus importantes, l’individu et la société peuvent agir et sont sommés de se positionner. Il s’agit d’une déconstruction de la mort qui perd son statut ontologique "au profit d’une démultiplication potentiellement infinie de ses causes" .
Alors qu’il est aujourd’hui question, en France, de prolonger la durée du travail jusqu’à 70 ans, on lit que la génération des "sexygénaires" serait la plus heureuse. Quel est donc le rapport à la mort et à la fin de vie ? Le livre de Céline Lafontaine est l’occasion non seulement de réviser les classiques (de Bacon à Foucault, dont la notion de biopouvoir est largement utilisée, en passant par Condorcet, Simmel, Elias, Arendt et bien d’autres), de découvrir des écrits plus récents et relevant de différents champs disciplinaires (Fagot-Largeault en épistémologie, Le Breton en anthropologie ou Paul Yonnet en sociologie, parmi, là encore, des dizaines d’autres) mais aussi de s’interroger sur ce qu’on nomme de façon un peu rapide (sinon abusive) la "société postmoderne", à laquelle le titre de l’ouvrage fait référence.
Et là, ce sont les sciences qui font irruption dans l’ouvrage. On pensera sans doute aux sciences biomédicales, aux conséquences des techniques chirurgicales de greffe permettant d’exploiter le corps du donneur, aux appareils qui permettent le maintien en vie, aux "techniques du soi" qui visent de facto à lutter contre la mort... mais l’aspect le plus original de la réflexion proposée est ailleurs, dans l’analyse de l’influence de la notion scientifique d’information. En effet, dans la lignée de son précédent livre, L’empire cybernétique (Seuil, 2004), l’auteure montre que la cybernétique, définie comme une théorie générale de la commande et de la régulation s’appliquant dans des disciplines très variées, a permis le développement impérialiste d’une biologie reposant sur la génétique moléculaire, selon laquelle nous serions essentiellement déterminés par nos gènes. "Occupant la place jadis réservée à l’âme dans le christianisme, les gènes sont perçus comme la source de l’immortalité terrestre, comme ce qui se réincarne une fois la vie corporelle achevée" .
3 commentaires
matou
L'approche de l'auteur sur les représentations de la mort semble être très (trop ?) scientifique à mon, goût ...
cybertonton
ML
j'ai peut-être compris ce que tu voulais faire ressortir....