On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

En maintenant jusqu'à la fin la dualité du visible et de l'invisible, Merleau-Ponty semble "pris à son propre piège", incapable de dépasser le "strabisme" dichotomique de la philosophie occidentale . Les solutions qu'il ébauchait dans son livre inachevé – la dialectisation du rapport entre visible et invisible, ou la remontée vers une énigmatique "voyance" qui précéderait leur partage – ne paraissent pas satisfaire Emmanuel Alloa. C'est pourquoi il en appelle à une "troisième voie" dont la notion de "diaphane", empruntée à Aristote, serait le fil d'Ariane : ce "visuel en filigrane", cet "entre", "ni visible ni invisible" permettrait de surmonter tout dualisme et toute illusion de transparence, d'amorcer le passage à une "phénoménologie de la trans-parution qui tiendrait compte du hiatus insurmontable entre ce qui apparaît et ce à travers quoi il apparaît" . Cette pensée neuve de l'entrevision – faudra-t-il la désigner comme une diaphénoménologie? – est à peine esquissée dans la conclusion de ce livre. Nul doute que, guidé par sa rigueur et porté par son inventivité conceptuelle, Emmanuel Alloa ne nous en donne un jour bien plus qu'une esquisse![]()
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