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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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CNL
Manifeste pour un boycott des manuels de management
[lundi 17 novembre 2008 - 05:00]
Travail, emploi, relations sociales
Couverture ouvrage
Extension du domaine de la manipulation : De l'entreprise à la vie privée
Michela Marzano
Éditeur : Grasset
282 pages / 17,58 € sur
Résumé : Michela Marzano dénonçe comme charlatans ceux qui nous promettent la recette magique du bonheur.
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M.Marzano propose en outre une démonstration convaincante de l’application des ces préceptes à la sphère politique. Peut-on tous ensemble lutter contre la crise économique et mener notre entreprise à la conquête de nouveaux marchés ? "Yes we can !" Le problème qui demeure, derrière tout ça, c’est que malgré nos doutes et les arguments mis en avant par l’auteure, on aimerait bien continuer à y croire, car quoi de plus rassurant que la certitude qu’on peut tout maîtriser de sa carrière professionnelle, de sa vie personnelle, de ses relations affectives, etc. ?

Malgré une thèse défendue de manière convaincante, on peut néanmoins reprocher à cet essai de se laisser parfois aller à utiliser certaines formes rhétoriques du discours qui justement est dénoncé : "Chacun sait que la "religion" du travail est la réponse angoissée des Modernes à la dévalorisation des vertus entreprise par les moralistes français du XVIIe siècle."  Ah bon ? Est-ce si évident pour tout le monde ? D’autre part, le propos est illustré par de nombreux exemples (Enron, Renault…), mais qui sont pour la plupart tirés de la sphère des grandes multinationales. Ces entreprises sont certes moteurs dans la mise en œuvre de ces nouvelles pratiques managériales, mais on aurait aimé en savoir un peu plus, justement, sur l’extension de la manipulation à par exemple la sphère des PME, qui représentent 2/3 des emplois en France. De même, il s’agit là d’un discours qui colle assez bien à l’évolution de l’environnement du travail des cadres, mais est-ce également le cas pour les autres catégories socioprofessionnelles ?

On peut adresser le même reproche au choix des nombreux films mobilisés par l’auteure pour souligner la pertinence de sa démonstration. Ces films montrent forcément cet aspect de la réalité du monde du travail, puisqu’ils ont vocation à la dénoncer, mais est-elle pour autant représentative de ce qui se passe partout ? On aurait tendance à le croire, tout comme le suggère M.Marzano, mais encore aurait-elle dû l’étayer davantage pour que le doute soit levé. On aurait attendu la citation de quelques enquêtes de terrain, ou alors des démonstrations théoriques plus développées. Malgré ces quelques limites, la force du livre réside dans la mobilisation particulièrement intéressante et convaincante des grands philosophes classiques pour penser cette évolution et surtout ses pièges et ses sophismes. Cette approche est sans aucun doute l’apport majeur de cet essai, qui a la vertu d’apporter un regard neuf sur un sujet rarement traité à partir d’une analyse philosophique.

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4 commentaires

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Reactionnaire libertarien

21/12/11 13:27
En réalité, même si ce que dénonce l'auteur est totalement vrai pour ce qui est des techniques de manipulation ( mélange de Skiner, Watson, PNL, cognitivisme et autres cuistreries) il n'en reste pas moins que la dénonciation de l'idéologie "individualiste" est également une manipulation.
Ces "techniques" de management visent à faire croire ( et ça n'est qu'un croyance) à l'individualité de chacun; en réalité, les seuls "individus" qui existent sont les grands paranoïaques "machinistes de l'univers" qui s'assurent du sentiment de leur propre individualité, en procurant aux malheureux "managés" l'illusion "d'en être aussi".
Ridicule, il ne s'agit que de l'insectisation d'humains, sous l'égide de ploutos et de procuste, qui vont communier dans un bonheur de termites sous la dictature de la "moyenne plus ou moins écartype"

En réalité, il s'agit d'évoquer le sentiment océanique psychotique de n'être qu'un dans le grand Tout, tout en maintenant la croyance en sa propre individualité: c'est la définition même de tout collectivisme, et non de l'individualisme.
le tout n'existe pas réellement: mais ni les managers, ni les militants anti managers ne veulent le voir.

Donc, pour ce qui me concerne: dos à dos
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gildandin

13/10/09 17:43
Un livre important en effet, tout comme celui plus récent intitulé "Storytelling" de Christian Salmon . Je crois que pour changer les modes de pensée de nos concitoyens en leur ouvrant les yeux sur ces techniques de manipulation / propagande qui asservit les citoyens dociles (en particulier dans l'entreprise) grâce aux mass-médias, outre ces appels à la raison il est temps de parler par l'émotion. Le théâtre, le cinéma (mais cet art un plus contrôlé par les puissances financières) devraient être un outil plus développé dans ce domaine du monde du travail. Je suis intéressé par toute initiative de ce type.
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Odile

19/11/08 16:04

Les profs en ressources humaines (sic) sont également coupables… Combien d'entre-eux mettent leurs enseignements en perpective ? Combien d'entre-eux fournissent à leurs étudiants des grilles de lecture objectives et objectivantes des politiques de management interne ? Dans ce domaine, on gave les étudiants de ratios, de tableaux de bord, aucun discours philosophique sur l'individu au travail… Quant aux médias, on sait les politiques qui règnent depuis des décennies dans rédactions : le chacun pour soi, l'obéissance aveugle aux actionnaires, ce qui signifie : aucune analyse, jamais, sauf du factuel, du factuel, du factuel et encore du factuel. On abat de la brève à longueur de temps, l'esprit d'analyse a complètement disparu parce qu'il freine et dérange la course au profit immédiat. La politique d'hyper-individualisme prônée par les DRH et leur direction a conduit à l'état d'hyper-atonie des individus, de repliement de chacun sur son petit pré carré et à une inertie totale de la société face à la violence mentale et morale qu'elle subit tous les jours en silence. Le cerveaux sont lavés, vidés et c'est ainsi que le "néo-fascisme" s'est installé… Pour longtemps.
Le livre de Michela Marzano comme le papier de Nathalie Georges sont effectivement bienvenus et salutaires, mais d'accord avec le post de jérémie, qui va les lire ? La mode n'est plus à la réflexion…
En ce qui me concerne, je vais faire passer ce livre autour de moi et sur mon lieu de travail.
Il est impossible de continuer à subir sans comprendre les tenants et les aboutissants de ce que nous subissons tous les jours au travail. Oui, un sursaut s'impose d'urgence. La lobotomisation générale des cerveaux n'a que trop duré !
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jérémie b.

18/11/08 22:35
Michela Marzano fait avec cet ouvrage une oeuvre de salubrité publique. Il était grand temps qu'un livre sérieux sur ce sujet soit imprimé.
Un livre à faire lire dans toutes les grandes Ecoles et Universités de France et de Navarre pour que tombent enfin toutes les idées reçues sur le management moderne qui n'est rien d'autre qu'un néo-fascisme qui ne dit pas son nom et qui a détruit la notion de groupe et de solidarité entre les individus au travail. Depuis 30 ans le management dit moderne a contribué à détruire l'individu au travail, dans la société et dans sa vie personnelle. Le silence des médias (grands et petits, audiovisuels et écrits) sur le livre de Marzano est tout à fait insupportable et bien dans l'air du temps…

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