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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Vulgarisons, vulgarisons !
[lundi 10 novembre 2008 - 05:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
La Sagesses des mythes
Luc Ferry
Éditeur : Plon
420 pages / 19,86 € sur
Résumé : L’auteur livre un vade-mecum des grands mythes antiques qu’il patine, en passant, d’une réflexion philosophique bien souvent superficielle.  
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Comme il l’avait fait pour la pensée philosophique dans son Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations, Luc Ferry propose, dans La sagesse des mythes, une lecture de vulgarisation, qui se veut simple d’accès et synthétique, des grands mythes antiques fondateurs de notre civilisation. L’ouvrage s’inscrit ainsi dans un projet plus vaste, débuté avec le premier tome d’Apprendre à vivre, celui d’éclairer de façon plus exhaustive l’histoire de la philosophie en en soulignant les grandes articulations et ce, en vue de rendre plus accessibles les enjeux de son évolution actuelle. Entreprise diachronique donc, qui, de l’Antiquité, berceau de la pensée rationnelle, à la modernité déconstructrice, en passant par l’humanisme et la chrétienté, entend se décliner, une fois achevée, en cinq volumes .


La mythologie, pourquoi ?

Pour ce qui est du choix, qui ne paraît a priori pas évident (du moins du point de vue philosophique), de consacrer un ouvrage entier à la glose des grands mythes antiques, Luc Ferry s’en justifie dans une longue introduction  où il précise également la ligne de conduite qu’il entend suivre à l’égard de son lecteur.
 
La relecture des grands mythes antiques se trouve ainsi légitimée par deux arguments principaux, l’un culturel et classique, l’autre relevant davantage de la philosophie : tout d’abord l’omniprésence des références mythologiques dans notre quotidien, références dont notre langage tout autant que notre culture commune sont imprégnés, et qui suffiraient à elles seules à justifier l’intérêt porté à ces mythes fondateurs d’une large part de notre tradition occidentale ; ensuite et plus profondément, l’enseignement moral dont ces récits sont l‘occasion et le prétexte, première esquisse de cette sagesse antique à laquelle la naissance de la philosophie en Grèce au VIe siècle avant J.-C. donnera toute son ampleur. Il s’agit en somme, et Luc Ferry reprend ici, dans une large mesure, les analyses proposées par Jean-Pierre Vernant dans Les origines de la pensée grecque, de voir dans les récits mythologiques les premières traces de la naissance d’une pensée rationnelle en Grèce antique, "l’origine première de ce que la grande tradition de la philosophie grecque va bientôt développer sous une forme conceptuelle"  .

Et il n’est pas anodin, pour l’auteur, que cette dimension philosophique des mythes antiques prenne essentiellement une forme morale : si ceux-ci peuvent encore jouir d’une telle vitalité linguistique et culturelle, c’est que l’interrogation sur la vie bonne et sur le sens de l’existence dont ils sont les lieux, interrogation qui, dans une large mesure, est à l’origine de la philosophie elle-même, demeure intemporelle. En somme, les leçons de sagesse dispensées par les mythes antiques n’ont rien perdu de leur actualité, bien au contraire : à l’homme moderne désillusionné, elles offrent une "doctrine du salut sans Dieu", une "spiritualité laïque" , qui s’avèrent un réconfort non négligeable face à la perspective de la mort.

Titre du livre : La Sagesses des mythes
Auteur : Luc Ferry
Éditeur : Plon
Date de publication : 30/10/08
N° ISBN : 2259207529
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2 commentaires

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17/11/08 21:49
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laurent

10/11/08 13:48
"l'amour de la vérité"

Matière... grise au programme des bacheliers, la philosophie ("amour de la sagesse"), n'a plus rien de commun avec l'exercice existentiel auquel se livraient les différents philosophes grecs (voir l'excellent travail de Pierre Hadot sur le sujet : "Qu'est-ce que la philosophie antique ?").
Qu'on ne me parle pas des débats télévisés, etc.
"L"amour de la sagesse", qui signifie "recherche passionnée, quasi amoureuse" de la sagesse a été distancé par la domination sans partage du Savoir, cette idole de nos sociétés et de nos esprits.

Pour rechercher la sagesse, les philosophes grecs pouvaient s'appuyer sur leurs mythes, riches en symboles et significations, mais nous n'avons quant à nous pas le temps, tout simplement.

Et puis sur quoi s'appuyer ?
La raison a depuis longtemps engendré tous ses monstres,
"Dieu" est un son répulsif/attractif dans le bruit que font nos mots (je m'inclus).
Le futur ?
Le droit (mais de quel droit le droit ?) ?
Obama ?
La terre se dérobe, le ciel reste vide. Où poser les pieds aujourd'hui, pour avancer ?
Un seul espoir rationnel : "la vérité existe, donc je peux la chercher. Elle sera mon rocher !" (ceci n'est pas une citation...).

L'amour donc, non la froide érudition, "l'amour de la vérité" (l'amour donc au sens de "la recherche", même quand on croit l'avoir "rencontrée"), "l'amour de la vérité" est notre équivalent moderne de "l'amour de la sagesse" des grecs.

Mais alors qu'ils avaient leurs dieux derrière eux, leur prodiguant encore leurs dernières lueurs, notre recherche "sans appui" doit faire de ce qu'elle cherche le rocher où elle pourra se poser - et avancer. Autant dire que "Dieu" est à nos pieds, qu'il lave et soigne lorsqu'ils sont écorchés, et que "Dieu" est cependant devant nous, en nous.
Ainsi chemine la lumière.

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