On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Le Japon et sa géographie sont d’actualité en 2008 : en témoigne sa position de "pays invité" au Festival international de Saint-Dié. Pour nous aider à saisir toutes les facettes de l’Orient extrême qu’est pour nous le Japon, Philippe Pelletier, le plus éminent spécialiste de la géographie du Japon en France, professeur à l’université de Lyon-II, nous offre ici une vision contrastée d’un pays en mutation, "la Japonésie" En effet, son caractère insulaire et archipélagique fait du Japon un pays "pluriel" .
Le plan de l’ouvrage, très classique, vise à nous faire comprendre que le Japon est entré dans l’ère de "la post-modernité" et qu’il faut, pour les Japonais comme pour le monde, y faire "face" . Pour cela, le géographe convoque d’abord l’histoire de l’archipel, puis évoque les contraintes de l’environnement, pour s’attarder ensuite sur la société japonaise dans ses comportements socio-démographiques.
Le passage obligé de géographie régionale est abordé en deux parties : le "Japon de l’endroit" avec focus sur Tokyo ville mondiale, et le "Japon de l’envers". Ce découpage permet d’opposer des centres à des périphéries. Enfin, c’est une réflexion géopolitique sur la place du Japon dans le monde qui clôt l’ouvrage remettant en perspective l’idée selon laquelle le Japon est un géant économique mais un nain politique.
Les héritages territoriaux
Le Japon se peupla par vagues migratoires successives venues de Chine et d’Asie du Sud-est. C’est ainsi que - première idée reçue mise à mal - la dénomination de "Pays du soleil Levant" est chinoise ! L’Empire du Milieu le qualifia ainsi, non pas tant pour sa position géographique, mais par référence au culte du soleil du Shinto primitif. Les Japonais se sont donc positionnés en même temps que démarqués de leurs voisins chinois.
Le territoire fut surtout organisé par le système du shogunat, basé sur des fiefs (268 en 1868). Celui-ci a créé la trame du système urbain actuel et a conforté l’attachement au village traditionnel. Au XXe siècle, la puissance japonaise s’exprima par une volonté impérialiste de conquête, qui trouva son apogée dans la définition d’une "sphère de coprospérité" entre 1940 et 1945. Elle s’étendait de la Corée, annexée dès 1910, aux Indes néerlandaises, conquises en 1942. Dès lors, le Japon, par son Empire, passa du statut de périphérie à celui de centre polarisateur, notamment grâce aux échanges économiques. Ce statut d’Empire fut perdu de facto après la Deuxième Guerre mondiale mais les nombreux litiges transfrontaliers (au nord, avec la Russie à propos des Kouriles ou au Sud avec la Chine, à propos des littoraux riches en poissons des îles inhabitées Diaoyutai ) témoignent que son souvenir est encore vivant dans la mémoire collective.
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