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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

À l’issue de la victoire de George W. Bush en 2000, l’Amérique s’est réveillée divisée en deux camps. "Starbucks contre Walmart", comme le disait crûment un article retentissant de David Brooks dans The Atlantic. Mais avec sa carte électorale bleue et rouge (démocrates et républicains), la topographie du vote semblait visiblement confirmer l’apparition d’un nouvel acteur : les riches démocrates. "Les États riches votent démocrate et les États pauvres votent républicain, une tendance qui s’affirme avec le temps» explique Andrew Gelman.
La carte électorale traditionnelle date de 1976, pendant la campagne Ford contre Carter : l’ouest du pays votait républicain ; l’est et le sud votait démocrate. 40 ans plus tard, le sud est devenu républicain. Enfin, l’élection de 2000 constitue le dernier moment clé de ces transformations électorales : les conservatives et les liberals se réclament désormais d’une même base électorale, dont dépend leur légitimité et leur prétentions à l’authenticité. Les "hockey moms" et les "NASCAR dads" sont des soutiens qui signalent la large attractivité du parti. Qui, alors, forme aujourd’hui la base de l’électorat démocrate et républicain ?
À l’origine de son livre, Red state, blue state, rich state, poor state: Why Americans Vote the Way They Do, le statisticien de Columbia University Andrew Gelman dénonce ce constat comme une image déformée véhiculée par la presse. Selon lui, l’Amérique n’est pas partagée entre démocrates de la côte Est et républicains du Sud. Le mythe des démocrates yuppies ne représente pas la majorité du vote démocrate au niveau individuel et, ironiquement, cette grille de lecture n’est pertinente que là où vivent les journalistes qui évoquent ce phénomène.
Tout au long du XXe siècle, le Parti démocrate américain a défendu les intérêts des plus pauvres (et s’est en tout cas présenté comme tel). Pourtant, dans le discours politique, les démocrates sont de plus en plus représentés comme défenseurs des élites plutôt que du peuple. John McCain apparaît lui simultanément comme le candidat qui représente l’Amérique profonde tout en protégeant les intérêts des plus riches. Cet essai tente en partie d’explorer ce paradoxe en expliquant l’asymétrie qui existe, de fait, entre le vote républicain et démocrate, et en examinant à l’aide d’outils statistiques les motifs et les facteurs, pas toujours intuitifs, qui président aux comportements électoraux des Américains. Ce faisant, l’auteur s’attaque à une confusion communément partagée sur "le rôle que la classe joue dans le vote". "Il faut voir plus loin que les stéréotypes sur le revenu ou la géographie pour comprendre comment les Américains venant de milieux et de cultures différents expriment leurs opinions dans le processus électoral" écrit-il.
Vote par État et vote individuel : les riches votent républicain et les pauvres démocrate
Une première distinction apparaît dès le début du livre : les riches électeurs en général votent républicain, mais les démocrates ont globalement de meilleurs scores dans les États riches (par États riches on entend les régions urbaines des deux côtes et par Etats pauvres le Sud et le Midwest, par exemple). Ces phénomènes électoraux qui co-existent, entre le vote par État et le vote individuel ont l’air contradictoires – le livre de Gelman réussit, brillamment, à éclairer ce paradoxe.
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Halm
Charles